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Comment la Belgique s’oppose au déblocage des avoirs russes gelés dans ses coffres ?

Aliou Sembène

La Belgique s’oppose fermement à la libération des avoirs russes immobilisés à Bruxelles destinés à financer une aide à l’Ukraine. Le premier ministre belge Bart De Wever rejette le plan présenté par la présidente de la Commission européenne. Il estime que les conditions nécessaires ne sont pas encore satisfaites pour déverrouiller les 165 milliards d’euros conservés chez Euroclear, la société internationale de dépôts établie dans la capitale belge depuis 1968.

De Wever défend la position de son gouvernement en affirmant que tout pays placerait dans la même situation adopterait une stance identique. Il refuse catégoriquement de qualifier les exigences belges d’irraisonnables. Dans sa correspondance avec Ursula von der Leyen datée du 28 novembre, il qualifie le projet européen de fondamentalement erroné et problématique. Selon lui, le mécanisme proposé comporte des risques majeurs.

Le premier ministre belge redoute les implications juridiques, financières et sécuritaires découlant de ce qu’il désigne comme un potentiel détournement des biens russes. Ces préoccupations le poussent à rechercher des garanties renforcées avant toute action. Il craint particulièrement une situation où la Belgique serait seule responsable de remboursements massifs à la Russie.

De Wever soulève notamment le problème de l’absence de mutualisation complète des risques entre les vingt-sept États membres européens. Sans un partage équitable des responsabilités financières, la Belgique pourrait supporter seule le fardeau économique. Cette crainte explique sa résistance obstinée face aux propositions communautaires de déblocage des fonds gelés.

Le scénario redouté par le gouvernement belge survient si le conflit ukrainien trouve une résolution. Dans cette hypothèse, les compensations versées à la Russie deviendraient potentiellement exigibles. Sans protections juridiques adéquates et une répartition équilibrée des obligations, la Belgique pourrait se retrouver confrontée à des obligations financières disproportionnées et insoutenables pour ses finances publiques.

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