
Chen Zhi, homme d’affaires cambodgien, fait face à des accusations majeures concernant un vaste réseau d’arnaques en ligne exploitant des victimes appelées « cochons ». Son conglomérat, Prince Group, aurait perfectionné le système de fraude où les victimes sont progressivement manipulées pour investir dans les cryptomonnaies avant d’être dépouillées.
La Thaïlande a récemment rejoint sept autres pays en prenant des mesures contre cet empire présumé de criminalité. Saisi 300 millions de dollars en actifs, le pays a lancé quarante-deux mandats d’arrêt. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la Corée du Sud, la Chine, Singapour, Taïwan et Hong Kong mènent des enquêtes parallèles contre Chen Zhi et ses associés.
Depuis octobre, Chen Zhi a disparu après que les autorités américaines l’aient inculpé formellement pour fraude. Les enquêteurs l’accusent de diriger des centres de travail forcé au Cambodge où des centaines de personnes sont contraintes de commettre des arnaques sept jours par semaine. Les fuites de ces centres sont réprimées par la force et accompagnées de tortures.
Les saisies de cryptomonnaies s’élèvent à 15 milliards de dollars liées aux activités du Prince Group. Cette économie criminelle représente trente pour cent du produit intérieur brut du Cambodge et des pourcentages encore plus importants en Birmanie et au Laos, selon les données des Nations unies contre la drogue et le crime.
Le Prince Group dément catégoriquement toute implication criminelle, qualifiant les accusations de sans fondement et visant à justifier des saisies d’actifs illégales. Le groupe affirme son succès provient exclusivement d’investissements légitimes et judicieux.
Avant ces révélations, Chen Zhi incarnait une trajectoire remarquable. Originaire du Fujian en Chine, il aurait montré des talents précoces en affaires. Vers vingt ans, il s’est installé au Cambodge considéré comme territoire propice aux entrepreneurs chinois avec peu de supervision réglementaire.
En deux mille quinze, Chen Zhi a créé Prince Group devenant rapidement dominant dans l’immobilier cambodgien. Obtenant la nationalité cambodgienne en deux mille quatorze, il a transformé Sihanoukville en paradis des casinos pour touristes chinois. Son ascension s’est accompagnée de guerres de gangs violentes attirant des criminels asiatiques.
Malgré l’effondrement de Sihanoukville, sa richesse et son influence ont continué de croître. Deux énigmes persistent : l’origine du capital initial et sa survie financière après l’effondrement. Prince Group a autrefois attribué les fonds à un oncle fortuné.
Chen Zhi s’est rapproché des élites politiques cambodgiennes, devenant conseiller au ministre de l’Intérieur puis au Premier ministre Hun Sen. Ces connexions politiques ont probablement facilité ses opérations commerciales. Certains observateurs soupçonnent que son influence explique la réticence du Cambodge à agir fermement contre ses intérêts.
Le Prince Group opère officiellement dans l’immobilier, l’hôtellerie, les casinos, les restaurants et la production cinématographique. Cependant, des centaines de sociétés écrans ont été créées soulevant des inquiétudes internationales. La Chine enquête depuis deux mille vingt sur ses activités de paris illégaux présumés.
Actuellement, Chen Zhi reste introuvable. Certains rapports le placent aux Émirats arabes unis ou à Singapour, bien que les autorités nient sa présence. Des spécialistes en cybercriminalité suggèrent qu’il aurait pu décéder, bien que rien ne soit confirmé.



