
Une semaine après son coup d’État du 26 novembre, l’armée bissau-guinéenne a formalisé son installation au pouvoir. Le Haut Commandement militaire pour la restauration de l’ordre a rendu public trois résolutions créant un Conseil national de transition et une Charte de transition. Ces deux instruments visent à encadrer la période transitoire et à restaurer ce que les autorités militaires qualifient de légalité constitutionnelle dans le pays.
Le Conseil national de transition constitue l’organe politique central de cette transition. Sa mission consiste à préparer les instruments institutionnels et à superviser les organes de pouvoir ainsi que leurs activités pendant cette période. Cependant, les résolutions rendues publiques ne précisent ni la composition de ce conseil ni les critères retenus pour la sélection de ses membres, laissant ces éléments essentiels dans le flou.
La junte justifie son intervention militaire en invoquant une situation politique décrite comme grave et instable. Selon le Haut Commandement, la Guinée-Bissau traversait une crise électorale marquée par des contestations intensifiées qui auraient risqué de dégénérer en conflit à caractère ethnique. L’armée affirme donc avoir eu l’obligation d’agir pour prévenir une telle escalade et de modifier l’ordre constitutionnel par la force.
La Charte de transition annoncée affirme vouloir restaurer la légalité constitutionnelle. Paradoxalement, son premier article dissout le Conseil de la magistrature pour toute la durée de la transition. Cette mesure contraste avec les déclarations des autorités militaires selon lesquelles elles entendent préserver le fonctionnement de la justice tel que le prévoit la Constitution existante.
Ces trois résolutions marquent une étape majeure dans la consolidation du pouvoir militaire. Elles établissent le cadre institutionnel et légal que la junte compte utiliser pour gouverner la Guinée-Bissau durant cette période transitoire, bien que de nombreuses questions relatives à sa durée et à ses modalités concrètes demeurent sans réponse officielle.



