France

Le Sénat envisageait d’allonger le temps de travail annuel, mais l’Assemblée nationale rejette fermement cette proposition à large majorité

Esteban Ortega

Au cours du second examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, l’Assemblée nationale a rejeté massivement une proposition du Sénat visant à augmenter le temps de travail annuel. 225 députés ont voté pour l’abolition de cette mesure, seulement 5 contre. Cette augmentation aurait représenté douze heures supplémentaires par an pour les salariés français.

L’augmentation proposée par la chambre haute équivalait à une heure supplémentaire par mois en moyenne, soit environ quinze minutes chaque semaine. Le sénateur centriste Olivier Henno avait porté cette mesure impopulaire après l’article 11 du budget de la Sécurité sociale. Les députés ont largement considéré cette proposition comme inacceptable.

La députée Insoumise Ségolène Amiot a comparé les douze heures à presque deux jours de travail supplémentaires, équivalant selon elle aux deux jours fériés que le Premier ministre avait tenté de supprimer précédemment. Le rapporteur général du budget, Thibault Bazin, a estimé que cette mesure constituait un cavalier social contraire à la Constitution. Lui et d’autres ont argumenté que les entreprises n’avaient pas anticipé les coûts financiers associés.

La gauche a rejeté cette augmentation comme une atteinte aux travailleurs, particulièrement les bas salaires. Hadrien Clouet l’a dénoncée comme un vol, tandis que Yannick Monnet a préconisé d’améliorer l’emploi autrement. Ségolène Amiot a même proposé d’ouvrir un débat sur la réduction du temps de travail pour partager l’emploi.

Les travailleurs ayant des heures supplémentaires auraient personnellement perdu puisque douze heures ne seraient plus rémunérées à titre d’heures supplémentaires. De plus, cette réduction du bénéfice fiscal aurait diminué leur salaire net. Le gouvernement s’y est aussi opposé, soulignant que personne n’avait budgétisé ces coûts supplémentaires. Aucun acteur du système n’avait préparé cette augmentation budgétaire.

Bien que la droite ne soit pas catégoriquement hostile au principe de travailler davantage pour gagner plus, une députée Républicaine a estimé que toute augmentation du temps de travail devrait provenir d’une véritable loi du travail, adoptée par les processus législatifs appropriés plutôt que d’être glissée dans un texte budgétaire.

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