InternationalJustice

Les violences sexuelles perpétrées par des soldats britanniques au Kenya suscitent l’indignation des députés

Baptiste Lacomme

Une enquête parlementaire kényane révèle une tendance préoccupante d’inconduite sexuelle au sein d’une unité militaire britannique. Le rapport, publié en décembre, dénonce des viols, agressions et abandons d’enfants commis par des soldats de la Batuk, basée près de Nanyuki, à deux cents kilomètres de Nairobi.

Depuis l’indépendance kényane en 1963, la Grande-Bretagne maintient cette base militaire dans le pays. Elle contribue à l’économie locale, mais reste source de controverses régulières. L’enquête du comité de défense s’appuie sur de nombreux témoignages de victimes, d’organisations non gouvernementales et de responsables locaux collectés durant plus d’une année.

Les survivantes dénoncent un accès à la justice systématiquement refusé. Les autorités locales auraient abandonné ou mal traité les plaintes. Ces révélations interviennent après l’arrestation d’un soldat britannique au Royaume-Uni, accusé du meurtre en 2012 d’une jeune mère kényane de vingt-et-un ans, Agnes Wanjiru, dont le cadavre avait été découvert dans une fosse septique.

Robert James Purkiss, arrêté en novembre après un mandat d’arrêt émis en septembre, comparaît devant les tribunaux britanniques. L’homme de trente-huit ans s’oppose vigoureusement à son extradition vers le Kenya. Son avocat nie catégoriquement toute responsabilité dans ce meurtre demeuré longtemps sans suite.

L’enquête révèle aussi une gestion dangereuse des munitions non explosées par la base militaire. Plusieurs civils kényans ont subi blessures et décès suite à cette négligence grave. Les dégâts environnementaux s’ajoutent à l’absence de communications sur les risques lors d’exercices militaires.

Les communautés locales perçoivent désormais la base comme occupante plutôt que partenaire. Les députés établissent des parallèles troublants avec les injustices coloniales historiques. En 2003, Amnesty International avait documenté six cent cinquante accusations de viol contre des soldats britanniques entre 1965 et 2001, déplorant des décennies d’impunité totale.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer