
La responsable de la CGT, Sophie Binet, a déclaré mardi 2 décembre à la radio avoir été mise en examen pour injure publique. Cette procédure fait suite à des déclarations qu’elle avait faites en janvier, qualifiant les patrons de « rats qui quittent le navire » dont l’unique but serait le profit.
L’organisation patronale Ethic a annoncé en février son intention de porter plainte contre la syndicaliste. La mise en examen représente une étape quasi systématique face à ce type de recours en justice. Cette association défend les intérêts des entreprises de taille intermédiaire indépendantes.
Les déclarations de Binet visaient une intervention antérieure du président du groupe LVMH, Bernard Arnault. Le milliardaire avait affirmé qu’une surtaxe gouvernementale encouragerait les entreprises à délocaliser leurs activités. C’est en réaction à ces propos que la leader syndicale avait exprimé son mécontentement.
Sophie Binet a exprimé son choc face à cette mise en examen. Elle affirme avoir simplement exercé son rôle de syndicaliste en dénonçant les délocalisations et les inégalités fiscales. Selon elle, les milliardaires français paient disproportionnément moins d’impôts tout en se désengageant de leurs responsabilités envers l’emploi national.
La syndicaliste justifie ses propos comme une expression populaire du sentiment collectif. Elle estime qu’il est crucial de pouvoir parler franchement dans le débat public sans détours. Elle dénonce particulièrement les multinationales comme LVMH qui, selon elle, se désintéressent complètement de l’emploi français et constituent un handicap pour l’économie du pays.
L’association Ethic estime dans sa plainte que tous les grands patrons sont visés par les critiques de Binet. Elle considère qu’une comparaison aux rats constitue une atteinte grave à l’honneur et à la réputation des chefs d’entreprise. L’association y voit un jugement de valeur négatif injustifié.



