Les universités sénégalaises connaissent une montée des tensions dues aux retards de versement des bourses
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Les universités sénégalaises connaissent une montée des tensions dues aux retards de versement des bourses

Annabelle Chesnu

Au Sénégal, une crise universitaire s’intensifie depuis novembre. Les étudiants manifestent pour réclamer le versement de leurs allocations retardées de plusieurs mois. Le blocage de ces bourses a plongé les campus dans une agitation croissante, avec des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre.

À partir du 17 novembre, les mobilisations se sont multipliées à Dakar. L’Université Cheikh Anta Diop a servi de point de départ à ce mouvement protestataire. Des barricades ont été érigées, des pneus brûlés et des projectiles lancés. Les autorités ont répondu avec des gaz lacrymogènes. Le campus a vécu des moments de grande tension.

Le lundi 1er décembre, les heurts se sont aggravés. Plusieurs étudiants ont été blessés et hospitalisés au Centre des œuvres universitaires. Les représentants des organisations étudiantes dénombrent une dizaine de victimes parmi les manifestants. Les cours ont été suspendus dans les établissements.

La contestation s’étend désormais au-delà de Dakar. L’Université de Fatick a rejoint la mobilisation. Les étudiants refusent d’accepter les propositions gouvernementales d’étalement des paiements. Ils exigent un versement immédiat de leurs allocations arriérées, certains attendant depuis treize mois.

Le directeur des bourses évoque des contraintes budgétaires plutôt qu’un retard réel. Il affirme que certains bénéficiaires n’étaient pas inscrits l’année précédente, attendant leur admission en master. Ces étudiants recevraient vingt-quatre mois d’allocation selon la normale en vigueur. Cette explication ne satisfait pas les manifestants qui poursuivent leur grève illimitée.

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