
Au Kenya, une victoire judiciaire marque la fin d’un contentieux impliquant Worldcoin. La filiale allemande a dû supprimer les données biométriques collectées lors d’une vaste opération en 2023. Les autorités kényanes de protection des données ont envoyé des inspecteurs outre-Rhin pour vérifier l’effacement complet, confirmant cette action par écrit à la justice locale.
L’affaire remonte à 2023, lorsque le projet Worldcoin lance une campagne de collecte de données au Kenya. Des milliers de Kényans acceptent de faire scanner leur iris en échange de 7 000 shillings, soit environ 45 euros en cryptomonnaie. Cette opération massive attire rapidement l’attention des défenseurs de la vie privée.
Worldcoin, porté par l’entreprise Tools for Humanity, envisage de créer un passeport numérique basé sur la reconnaissance iris. Le système vise à établir une identité numérique vérifiable et sécurisée pour les utilisateurs du monde entier. Cependant, les méthodes de collecte soulèvent rapidement des préoccupations légales.
En mai, les tribunaux kényans rendent un jugement décisif. La justice conclut que la collecte viole les lois sur la protection des données. Le tribunal juge que l’incentif monétaire invalide le caractère volontaire du consentement. De plus, les citoyens n’ont pas reçu d’informations suffisantes sur l’usage ultérieur de leurs données biométriques, lesquelles ont transité vers des serveurs allemands sans approbation kényane.
Catherine Kariuki Mulika, experte juridique en technologies, souligne que ce jugement envoie un message crucial aux entreprises. Le Kenya refuse d’être traité comme un simple marché test ou une source de données exploitable. Néanmoins, des doutes subsistent concernant la véritable suppression de toutes les informations et la capacité des autorités à le confirmer définitivement.



