
Au Honduras, près de sept millions d’électeurs se sont rendus aux urnes dimanche 30 novembre pour désigner leurs députés, maires et président. Selon les résultats partiels, Nasry Asfura, candidat conservateur soutenu par le président américain, arrive en tête du scrutin. Ce résultat surprend car il n’était pas favori selon les sondages avant le vote.
Avec un tiers des bulletins dépouillés, Asfura recueille environ 40% des voix. Salvador Nasralla, du Parti libéral, le suit de près. Rixi Moncada, candidate du parti au pouvoir, occupe la troisième place avec environ 19-20% des suffrages. La question se pose : les Honduriens ont-ils été influencés par les appels de Trump en faveur d’Asfura ? Certains électeurs reconnaissent avoir changé leur vote après les annonces américaines. L’un d’eux explique que cette décision lui a coûté jusqu’au moment de glisser son bulletin dans l’urne.
Cependant, des observateurs nuancent le débat sur l’ingérence. Ils arguent que si le leader américain regarde vers l’Amérique centrale, ce n’est pas de l’ingérence puisque c’est le peuple hondurien qui tranche aux urnes. L’économie du Honduras dépend fortement des États-Unis. Le sociologue hondurien Tomás Andino souligne que toute sanction commerciale américaine frappant les exportations honduriennes affecterait gravement l’économie locale et renforcerait la dépendance.
Les enjeux migratoires complètent cette dépendance économique. Près de deux millions de Honduriens vivent aux États-Unis et envoient régulièrement de l’argent à leurs familles. Ces remises représentent environ 25% du produit intérieur brut national, ce qui explique l’intérêt accru pour les positions américaines.
Les trois principaux candidats s’accusent mutuellement de fraude électorale. Rixi Moncada a laissé entendre qu’elle pourrait ne pas reconnaître les résultats officiels. Les observateurs de l’Organisation des États américains présents sur le terrain ont toutefois estimé que le scrutin s’est déroulé dans une atmosphère démocratique avec une forte participation. Des citoyens affirment être prêts à manifester en cas de fraude confirmée. Par mesure de précaution, de nombreux services publics et commerces fermeront dans les grandes villes dans les jours à venir.



