Les envoyés spéciaux que Donald Trump missionne au Moyen-Orient pour mener ses tractations diplomatiques
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Les envoyés spéciaux que Donald Trump missionne au Moyen-Orient pour mener ses tractations diplomatiques

Annabelle Chesnu

La gestion du Moyen-Orient représente un passage obligé pour accéder aux cercles décisionnels américains actuels, tant la présidence Trump a brouillé les hiérarchies traditionnelles du pouvoir. La politique étrangère repose désormais sur un noyau dirigeant composé de quatre personnalités influentes : le vice-président J.D. Vance, le ministre des affaires étrangères Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et Steve Witkoff.

Steve Witkoff, ancien associé commercial et golfeur du président, occupe une position remarquable et surpasse en influence les responsables militaires et les directeurs des services de renseignement. Initialement désigné comme envoyé spécial pour la région, il a rapidement étendu son rôle en devenant également émissaire auprès de Vladimir Poutine. Malgré les critiques persistantes concernant son manque de rigueur professionnelle, Trump lui accorde une confiance absolue et lui a rendu publiquement hommage lors de son discours au Parlement israélien en octobre.

Au cours de son premier mandat entre 2017 et 2021, Trump avait confié à son gendre Jared Kushner le rôle d’émissaire régional. Kushner a marqué cette période en supervisant l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem en 2018 et en pilotant les accords d’Abraham en 2020, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs États arabes comme les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Kushner continue de participer aux réflexions stratégiques de la Maison Blanche sur Gaza, travaillant aux côtés de Witkoff pour élaborer le récent plan Trump. Parallèlement, Bishara Bahbah, un Palestinien originaire de Jérusalem autrefois affilié aux Démocrates, a été mandaté en mai pour négocier la libération d’un otage américain retenu par le Hamas.

Bahbah incarne une stratégie de récompense politique envers les ralliés arabes. Fondateur en 2024 de l’association des Arabo-Américains pour Trump, créée pour critiquer la politique gazaouie de Biden, il représente l’intégration d’opposants stratégiques dans le nouvel appareil diplomatique. Cette nomination illustre comment la nouvelle administration gratifie les soutiens provenant d’électorats traditionnellement démocrates.

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