
La Guadeloupe traverse une crise sécuritaire majeure marquée par une prolifération d’armes illégales et une montée exponentielle des homicides. Depuis le début 2025, l’archipel dénombre 47 meurtres, plaçant le territoire au deuxième rang national pour le taux d’homicides, juste après la Guyane. Environ 40 000 armes circulent librement sur un territoire de seulement 1 628 km², créant une situation qualifiée de critique par les autorités locales et les professionnels du droit.
Les armes en circulation proviennent des îles voisines et alimentent directement les violences liées au narcotrafic, aux vols à main armée et aux règlements de comptes entre bandes rivales. Ces conflits criminels font des victimes innocentes parmi la population civile. Les jeunes constituent une part importante des victimes, comme en témoignent plusieurs cas récents : Kimael, 16 ans, poignardé lors du carnaval à Pointe-à-Pitre en janvier, et Davy Périac, infirmier tué lors d’une tentative de vol à moto en avril dernier.
Betty Torrent, présidente d’une association de lutte contre les violences, identifie des causes sociales profondes : absence de perspectives professionnelles, chômage croissant et crise économique affectant particulièrement les jeunes. Elle organise un rassemblement pour mobiliser contre ces violences et sensibiliser aux facteurs structurels qui favorisent la délinquance et l’implication des adolescents dans des réseaux criminels.
Sandra Adonis Navarrin, avocate pénaliste, dénonce l’accessibilité alarmante des armes auprès des mineurs. Des enfants de 13 à 16 ans se procurent facilement des armes de poing pour moins de 500 euros dans les rues. Elle cite le cas récent d’un adolescent de 13 ans armé d’un pistolet semi-automatique 9 mm, illustrant l’ampleur du phénomène.
L’avocate qualifie la situation de « folie totale » face à l’inaction gouvernementale. Avec plus de 40 000 armes pour une population de 400 000 habitants, soit une arme pour dix résidents, l’archipel fait face à un défi sécuritaire sans précédent. Elle exprime son pessimisme quant à la possibilité de résoudre cette crise, affirmant que l’État demeure indifférent aux problèmes croissants de la région.



