
Trois jours de recueillement s’ouvrent à Hong Kong après l’incendie meurtrier du complexe résidentiel ayant causé 128 décès et des dizaines de personnes toujours portées disparues. Des cérémonies d’hommage et des lieux de mémoire sont mis en place dans toute la ville. Parallèlement, la colère monte parmi les familles et résidents qui demandent des comptes sur les responsabilités et les manquements qui ont permis cette tragédie.
Dans le district de Tai Po, aux abords des bâtiments sinistré, les habitants expriment leur indignation face aux négligences constatées sur le chantier de rénovation. Eda, dont la belle-sœur figure parmi les 200 disparues officiellement signalées, témoigne de son désarroi. Elle dénonce un système défaillant : bien que des arrestations aient eu lieu, centaines ont péri dans les flammes. Elle insiste sur l’irréversibilité du drame et craint que de telles catastrophes se reproduisent.
Un retraité venu se recueillir devant les gerbes de fleurs érigées en mémoire exprime son soulagement d’avoir appris que son meilleur ami a survécu. Cependant, il dénonce les pratiques dangereuses courantes à Hong Kong : utilisation de matériaux de qualité inférieure, travail bâclé pour réduire les coûts. Il pointe notamment l’emploi d’isolants en mousse et d’échafaudages en bambou, tous hautement inflammables, créant des risques graves.
Cet homme critique également l’inaction des autorités hongkongaises depuis le retour à la Chine. Contrairement à la Chine continentale qui a abandonné ces matériaux dangereux depuis plus d’une décennie, Hong Kong n’a pas adopté de mesures suffisamment strictes pour protéger ses résidents des risques d’incendie.
Une habitante du quartier met en lumière les motivations financières ayant alimenté ce désastre. Les entreprises auraient volontairement minimisé les dépenses, en utilisant des matériaux bon marché et en négligeant les équipements de protection. Filets de sécurité, revêtements ignifuges représentent des coûts importants que certains entrepreneurs ont préféré éviter pour maximiser leurs profits.
Les autorités reconnaissent désormais l’existence de corruption généralisée au sein du projet de rénovation. Une enquête anticorruption majeure a débouché vendredi sur l’arrestation de huit personnes impliquées dans cette affaire.



