
Aux Comores, le diabète connaît une expansion préoccupante qui alarme les autorités sanitaires. En treize ans, la prévalence de cette maladie a plus que doublé, passant de 4,8 % en 2011 à 10,8 % actuellement. Cette trajectoire inquiétante témoigne d’une transformation profonde des conditions de vie et des habitudes de la population de l’archipel.
Les données du dépistage réalisé en 2024 révèlent l’ampleur du problème. Plus de cinq mille personnes ont participé à cette campagne. Parmi elles, cent soixante-quinze ont été identifiées comme probablement diabétiques, tandis que plus de quatre mille deux cents présentaient au moins un facteur de risque majeur. Ces chiffres sont considérés comme alarmants par les professionnels de santé qui exercent dans le territoire.
Longtemps considéré comme un sujet tabou, le diabète progressait silencieusement dans l’archipel. Les malades ne découvraient souvent leur condition que lorsque les complications survenaient déjà. Aujourd’hui, les initiatives sanitaires cherchent à inverser cette dynamique en promouvant un dépistage précoce et une meilleure sensibilisation de la population aux risques associés.
Le Dr Rachmat Attoumane Ben Ali, coordinatrice de l’ONG Santé diabète Comores, explique que les mentalités évoluent progressivement. La population commence à comprendre que le diabète n’est pas une fatalité inévitable mais une condition avec laquelle on peut vivre normalement. Les campagnes menées avec le ministère de la Santé encouragent les personnes à connaître leur statut de plus en plus tôt, permettant une prise en charge préventive.
Pour de nombreux habitants, le diagnostic survient par hasard lors d’autres problèmes de santé. Ibrahim Youssouf a découvert son diabète en étant traité pour le Covid à Nairobi. Cette découverte tardive souligne l’importance du dépistage systématique, particulièrement pour ceux ayant des antécédents familiaux de la maladie ou souffrant d’hypertension.
L’alimentation industrialisée et le mode de vie sédentaire constituent les principaux facteurs expliquant cette augmentation rapide du diabète. Pour les autorités comoriennes, généraliser le dépistage précoce est un impératif de santé publique permettant à chacun de connaître son statut et de prévenir les complications graves associées à la maladie.



