L’armée de Guinée-Bissau affirme avoir repris le contrôle total de l’ensemble du territoire national
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L’armée de Guinée-Bissau affirme avoir repris le contrôle total de l’ensemble du territoire national

Baptiste Lacomme

L’armée de Guinée-Bissau a proclamé mercredi son contrôle total du pays, trois jours après les élections nationales. Les militaires ont arrêté le président sortant Umaro Sissoco Embaló sans recours à la violence, selon ses propres déclarations au magazine Jeune Afrique. L’opération s’est déroulée en début d’après-midi selon l’heure locale du territoire.

Le contexte politique précédant ce coup militaire s’était dégradé progressivement. L’opposition contestait la légitimité d’Embaló, affirmant que son mandat avait expiré depuis février. La Constitution prévoit un mandat de cinq ans. Bien que la Cour suprême ait prolongé son pouvoir jusqu’au 4 septembre, les tensions demeuraient vives avant le scrutin reporté à novembre.

Le candidat Fernando Dias, qui s’était auto-déclaré vainqueur, a également été appréhendé et transféré sur une base aérienne. Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure majeure de l’opposition, figure parmi les arrestations. Exclu de la course électorale selon les autorités, il avait apporté son soutien à Dias pour le scrutin.

Depuis le siège du commandement à Bissau, la junte a suspendu le processus électoral et les institutions existantes. Un couvre-feu a été imposé et les frontières fermées. Le porte-parole a évoqué la découverte d’un complot visant à déstabiliser le pays en manipulant les résultats, impliquant certains politiciens nationaux et un baron de la drogue notoire, sans fournir de précisions supplémentaires.

Des échanges de tirs se sont produits mercredi midi près du palais présidentiel. Des responsables rapportent qu’un groupe d’hommes armés aurait tenté d’attaquer le bâtiment. Des coups de feu ont également retenti près de la Commission électorale nationale. Le directeur de cette commission aurait été arrêté et les bureaux scellés par l’armée.

La Guinée-Bissau connaît une instabilité chronique depuis son indépendance en 1974. Le pays, transformé en carrefour du trafic de drogue reliant l’Amérique latine à l’Europe, a subi quatre coups d’État et traversé plusieurs tentatives de putsch.

Le gouvernement portugais a appelé à la retenue, demandant l’abstention de tout acte de violence et la reprise du fonctionnement régulier des institutions. Le ministère des Affaires étrangères maintient le contact avec son ambassade à Bissau pour surveiller la situation générale et la condition des ressortissants portugais présents sur place.

Les missions d’observation électorale de la Communauté des pays de langue portugaise et de l’Union africaine ont plaidé pour le respect de la volonté électorale et des principes démocratiques. Selon ces observateurs, le scrutin s’était déroulé de manière ordonnée et organisée avant l’intervention militaire.

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