
Un audit de sécurité commandé en 2018 par le musée du Louvre au joaillier Van Cleef & Arpels avait identifié le balcon comme point critique de vulnérabilité. Ce document soulignait précisément la fragilité face à l’utilisation d’un monte-charge pour y accéder. Le scénario décrit correspondait exactement au vol du 19 octobre des joyaux de la Couronne de France.
Les autorités judiciaires ignoraient l’existence de cet audit jusqu’à récemment. Cette découverte tardive soulève une question centrale : le document a-t-il fuité après sa remise initiale aux autorités ? Les enquêteurs tentent désormais d’identifier toutes les personnes ayant accès à ce rapport interne confidentiel du musée.
L’audit remis à Jean-Luc Martinez, alors directeur du Louvre, qualifiait la fenêtre donnant sur le quai François-Mitterrand de plus grand point de vulnérabilité de l’établissement. Ce constat détaillé présentait précisément le scénario qui s’est déroulé sept ans après la rédaction du document.
La direction du Louvre affirme avoir découvert cet audit uniquement après le vol du 19 octobre. Elle explique que lors d’une demande de transmission de documents relatifs aux travaux de la galerie d’Apollon, plusieurs fichiers oubliés ont été localisés. Ces documents n’avaient jamais été transmis lors du changement de direction en automne 2021. Les raisons de cette omission restent obscures.
Les deux juges d’instruction parisiens spécialisés dans la lutte contre le crime organisé, saisis de cette affaire, n’avaient toujours pas reçu d’information officielle sur l’existence de cet audit. Ni le Louvre ni le ministère de la Culture ne les en avaient avertis avant la révélation médiatique de son existence.



