Les autorités françaises ciblent désormais les plateformes AliExpress et Joom pour vente de poupées pédopornographiques. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a annoncé que l’État engagerait des poursuites civiles contre ces deux géants du commerce en ligne. Cette action s’inscrit dans une stratégie plus large de régulation des marketplaces numériques.
AliExpress, propriété du conglomérat chinois Alibaba, et Joom, plateforme russe créée en 2016, faisaient déjà l’objet d’enquêtes. Les autorités y ont détecté la commercialisation de produits illégaux variés, notamment des armes de catégorie A comme des poings américains et des machettes. AliExpress avait déclaré avoir supprimé les annonces signalées suite à l’ouverture d’une enquête judiciaire en novembre.
L’assignation en justice constitue un acte juridique distinct d’une simple plainte administrative. Cette procédure civil permet de notifier officiellement aux défendeurs qu’une action judiciaire est engagée contre eux devant un tribunal. Elle confère un caractère contraignant et officiel aux poursuites de l’État français.
Le ministre justifie cette offensive en invoquant la nécessité de protéger les consommateurs, les enfants et les adolescents face au «Far West numérique». Papin déclare vouloir combattre cette anarchie commerciale en ligne et préserver l’industrie française ainsi que les petits commerçants. Il reconnaît la nécessité d’un certain protectionnisme face aux plateformes étrangères.
Shein, plateforme asiatique du commerce électronique, subit déjà des poursuites judiciaires pour un problème similaire. La plateforme vendait des poupées représentant des fillettes présentées comme des poupées sexuelles pour moins de 200 euros. La DGCCRF avait estimé que la description et la catégorisation de ces articles rendaient «difficilement douteuse» leur nature pédopornographique.
Shein a déclaré avoir retiré ces articles après le signalement des autorités de fraude. Le ministre exige que la plateforme apporte la preuve que ses futurs produits respectent les codes de consommation français. Il souligne également l’importance d’étendre cette protection au niveau du droit européen. Une audience en référé concernant la possible suspension de Shein en France se tient mercredi au tribunal de Paris.



