Le premier voyage international du pape Léon XIV le mène en Turquie puis au Liban
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Le premier voyage international du pape Léon XIV le mène en Turquie puis au Liban

Baptiste Lacomme

Le pape Léon XIV entreprend son premier déplacement international jeudi 27 novembre, se rendant en Turquie puis au Liban pour une visite de six jours. Ce voyage représente un test majeur pour le nouvel évêque de Rome, dont l’approche discrète contraste avec celle de son prédécesseur François, décédé en avril.

En Turquie, le souverain pontife célébrera les 1 700 ans du Concile de Nicée, événement fondateur du christianisme où fut rédigé le Credo. Cette commémoration symbolise l’aspiration à l’unité des chrétiens et intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein du monde orthodoxe, notamment entre Moscou et Constantinople.

Le Liban, destination secondaire du voyage, traverse une crise humanitaire sans précédent depuis 2019. L’effondrement économique, la défaillance des services publics et les conflits armés ont profondément affaibli ce pays autrefois modèle de coexistence multiconfessionnelle. L’État accumule 150 millions de dollars de dettes envers les organisations caritatives qui assurent l’accès aux soins et à l’éducation.

Bien que les Libanais reconnaissent que cette visite ne résoudra pas leurs problèmes structurels, elle met l’accent sur le rôle des institutions religieuses privées face à la défaillance de l’État. Le pape visitera un hôpital psychiatrique dirigé par des sœurs franciscaines et priera silencieusement sur le site de l’explosion du port de Beyrouth en 2020, qui a fait plus de 220 morts.

À Istanbul, Léon XIV rencontrera le président turc et se rendra à la Mosquée bleue, affirmant sa vision du dialogue avec l’islam. Cette approche diplomatique demeure délicate : le Vatican doit éviter d’irriter Moscou, qui craint un renforcement du rôle de Constantinople au détriment de l’influence russe.

Sur les rives du lac d’Iznik, ancien site de Nicée, le pape rejoindra les dignitaires des différentes Églises orthodoxes pour une prière œcuménique. Le patriarche russe Kirill n’a pas été invité, reflétant les divisions provoquées par la guerre en Ukraine dans le monde orthodoxe fragmenté.

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