La libération de Boualem Sansal, négociée par Retailleau, suscite des critiques acerbes de sa part
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La libération de Boualem Sansal, négociée par Retailleau, suscite des critiques acerbes de sa part

Baptiste Lacomme

Boualem Sansal n’a pas hésité à critiquer publiquement la position de Bruno Retailleau vis-à-vis de l’Algérie, malgré leur amitié personnelle. Lors de son apparition télévisée dimanche, l’écrivain franco-algérien a exprimé ses réserves sur l’approche très ferme du ministre envers Alger.

L’écrivain détenu pendant un an a été libéré en novembre. Sansal a reconnu que la ligne intraitable de Retailleau avait constitué, d’une certaine manière, un frein à sa libération. Il a précisé que cette position offrait à l’Algérie une justification pour adopter une posture défensive en dénonçant une hostilité française.

Cependant, Sansal a nuancé son propos en affirmant que le gouvernement algérien aurait probablement réagi de façon identique face à n’importe quel responsable politique français. L’auteur a souligné que sa critique ne remettait pas en cause la relation d’amitié qu’il entretient avec Retailleau, avec qui il envisage de se rencontrer très prochainement.

Emmanuel Macron avait privilégié une diplomatie d’apaisement avec Alger. Le président français avait inscrit la réconciliation algérienne parmi ses priorités diplomatiques, marquée notamment par sa visite à Alger en 2022. Cette stratégie avait contrasté avec l’approche plus conflictuelle défendue par Retailleau lors de son passage au ministère de l’Intérieur.

La crise diplomatique s’est aggravée en 2024 suite au soutien français au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. L’emprisonnement de Sansal et du journaliste français Christophe Gleizes, toujours retenu en Algérie, ont davantage envenimé les relations. Le refus algérien de reprendre ses ressortissants soumis à une obligation de quitter la France a renforcé les tensions.

Un conflit politique interne français s’est cristallisé entre Macron et Retailleau autour de la politique algérienne. Après le départ de Retailleau en octobre, Paris a perçu des signaux positifs. L’invitation adressée au nouveau ministre Laurent Nuñez par Alger a indiqué une possible amélioration des relations, intervenue avant même la libération de Sansal.

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