La surpopulation des prisons belges pousse magistrats et agents pénitentiaires à agir
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La surpopulation des prisons belges pousse magistrats et agents pénitentiaires à agir

Rob Laurens

En Belgique, la situation carcérale atteint des niveaux critiques. Selon un décompte officiel du 18 novembre, cinq cent vingt-cinq détenus dormaient par terre dans les prisons du pays. Les établissements penitentiaires manquent cruellement de ressources financières pour assurer des conditions minimales de détention.

Les infrastructures se détériorent rapidement face à cette pression démographique. Il n’existe plus d’argent pour les matelas dans de nombreux établissements. Les budgets destinés à l’alimentation des prisonniers subissent des compressions constantes. Des cachots de punition sont détournés de leur usage initial et transformés en cellules ordinaires.

Au-delà des murs, la crise s’étend à l’ensemble du système judiciaire. Deux à trois mille condamnés attendent l’exécution de leurs peines en liberté. Environ cent mineurs en conflit avec la loi demeurent dehors, les centres fermés étant saturés. Un adolescent de seize ans soupçonné de viol et d’extorsion a ainsi été libéré faute de capacité d’accueil.

Vincent Spronck, président de l’Association des directeurs de prisons, confirme l’ampleur du problème. La prison belge compte 13 500 détenus, effectif qui a quasi doublé en trois décennies. Le Conseil pénitentiaire décrivait en 2024 cette situation comme un véritable «drame». Paradoxalement, cette explosion carcérale ne découle pas d’une augmentation de la criminalité, qui demeure stable concernant les atteintes aux personnes et a même diminué pour les délits contre les biens.

La responsabilité de cette crise incombe à une décision politique de 2022 prise par le ministre libéral de la justice. L’exécution systématique de toutes les peines a remplacé la politique réductionniste antérieure. Les peines courtes, autrefois transformées en travaux d’intérêt général ou en bracelets électroniques, sont désormais accomplies en détention. Cette rupture a abandonné l’objectif de maintenir la population carcérale à dix mille personnes.

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