Les gouvernements parviennent à un accord de compromis minimal lors de la COP30 au Brésil sans évoquer directement l'abandon des énergies fossiles
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Les gouvernements parviennent à un accord de compromis minimal lors de la COP30 au Brésil sans évoquer directement l’abandon des énergies fossiles

Baptiste Lacomme

Après des négociations intenses à Belem, quelque 200 États ont ratifié un accord climatique samedi 22 novembre. Ce texte constitue un accord de consensus sans opposition des pays signataires de l’accord de Paris. Cependant, il se distingue par l’absence de mention explicite sur l’abandon des énergies fossiles, contrairement aux engagements pris en 2023 à Dubaï.

Le document approuvé prévoit le triplement des ressources financières dédiées à l’adaptation climatique avant 2035 par rapport à 2025. Une avancée importante pour les pays en développement confrontés aux effets du changement climatique. L’accord institue également un dialogue inédit sur les aspects commerciaux des politiques climatiques mondiales, une demande majeure de la Chine et d’autres nations exportatrices.

Le président brésilien Lula a salué ce résultat, affirmant que la science et le multilatéralisme l’emportaient. Il a souligné la gravité du moment, notant que la planète a franchi pour la première fois le seuil critique d’un degré et demi de réchauffement au-dessus des niveaux préindustriels. Pour lui, cette accord représente le choix de la communauté internationale de poursuivre l’action climatique.

Plusieurs nations ont exprimé des réserves sur l’ambition insuffisante du texte final. L’Union européenne a déclaré qu’elle n’s’opposerait pas, tout en regrettant la faiblesse générale des dispositions. La ministre française de la transition écologique a qualifié l’accord de texte peu ambitieux, dépourvu d’éléments vraiment problématiques mais manquant de force.

Face aux critiques, la présidence brésilienne a annoncé des initiatives complémentaires. Elle lancera une feuille de route volontaire sur l’abandon des énergies fossiles et une seconde contre la déforestation. Ces mesures visent à satisfaire les pays en quête d’engagements plus forts sur ces enjeux cruciaux pour l’environnement mondial.

Des acteurs majeurs comme la Chine, la Russie et l’Arabie saoudite ont bloqué toute mention explicite d’une réduction des émissions ou d’une sortie des combustibles fossiles. Ce positionnement contraste avec le consensus de 2023, où les nations s’étaient engagées à réaliser une transition juste et ordonnée loin des énergies fossiles dans leurs systèmes énergétiques.

Les pays en développement ont prioritisé les financements climatiques plutôt que les engagements directs contre les fossiles. Ils argumentent que nombreuses économies émergentes manquent de ressources pour opérer une transition énergétique ou adapter leurs territoires aux dérèglements climatiques. Ils exigent des soutiens financiers accrus des nations les plus prospères pour combler ce fossé.

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