
En France, des manifestations mobilisent samedi 22 novembre dans plusieurs grandes villes pour réclamer une action gouvernementale renforcée contre les violences envers les femmes. À Paris, le cortège se formera place de la République avant de converger vers la place de la Nation. Des rassemblements similaires sont organisés à Lille, Lyon, Rennes, La Rochelle et Bordeaux, portés par des collectifs féministes.
Le collectif Grève féministe, regroupant une soixantaine d’associations et syndicats, dénonce la persistance de l’impunité des agresseurs malgré les années écoulées. Les militants soulignent que les victimes restent souvent incrédules face aux autorités et que les plaintes demeurent fréquemment classées sans suite, entravant la justice.
Les organisateurs insistent sur l’omniprésence des agressions sexistes et sexuelles dans la société, affectant les femmes dans les familles, les lieux de travail, les espaces publics, les transports, les établissements médicaux et même au sein des structures policières. Cette réalité justifie selon eux une mobilisation générale et immédiate.
Les associations demandent l’adoption d’une législation-cadre globale, un financement de 3 milliards d’euros, le renforcement de l’éducation affective et sexuelle, ainsi que le maintien des aides aux organismes accompagnant les victimes. Floriane Volt, représentante de la Fondation des femmes, appelle à une transformation profonde des politiques publiques concernant la prévention, l’accompagnement et les poursuites judiciaires.
Les données officielles révèlent une situation alarmante : les féminicides conjugaux ont augmenté de 11 % entre 2023 et 2024, avec 107 femmes assassinées par leur partenaire. Chaque minute, une femme subit un viol ou une agression sexuelle, tandis que le harcèlement sexuel survient toutes les vingt-trois secondes. Le Conseil de l’Europe a jugé le faible taux de poursuites en France particulièrement préoccupant.



