
L’enquête concernant le meurtre de Mehdi Kessaci, le frère d’Amine Kessaci, abattu en plein jour à Marseille le 13 novembre, pointe désormais vers Amine O., alias Mamine, un criminel extrêmement dangereux. Ce personnage de 31 ans aurait commandité l’exécution depuis sa cellule de prison, malgré des mesures d’isolement strict. Incarcéré depuis 2021, il représente la figure dominante de la DZ Mafia, un réseau de trafiquants de drogue marseillais dont la brutalité s’intensifie continuellement.
Les enquêteurs soupçonnent Amine O., connu aussi sous les noms de Mamine Escobar, Jalisco ou Nemesio, d’avoir orchestré plusieurs assassinats depuis différentes prisons. Cet individu parvient apparemment à coordonner des équipes de tueurs en utilisant des téléphones de contrebande, même quand il est placé sous surveillance renforcée. Son transfert récent vers la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe révèle l’inquiétude croissante des autorités face à son influence persistante.
Les enquêteurs estiment que la véritable cible était Amine Kessaci, activiste écologiste engagé. Ce dernier dénonce régulièrement le narcotrafic marseillais. Les autorités l’avaient placé sous protection renforcée dès l’été après avoir reçu des informations fiables. L’assassinat de son frère apparaît comme un avertissement destiné à réduire son engagement public au silence.
Le dossier s’assombrit davantage en examinant l’historique violent entre Mamine et la famille Kessaci. Amine O. a été inculpé pour un triple homicide perpétré en décembre 2020, parmi les crimes les plus atroces commis à Marseille. Brahim Chabane, demi-frère d’Amine Kessaci, figurait parmi les victimes, retrouvé criblé de balles et brûlé. Cette affaire marque un tournant décisif dans la trajectoire criminelle de Mamine.
La Junalco, spécialisée dans la criminalité organisée, conduit l’enquête avec le soutien de l’OCLCO. Les investigations examinent l’hypothèse selon laquelle Mehdi Kessaci aurait pu être confondu physiquement avec son frère. L’avocat d’Amine O. conteste ces accusations, affirmant que son client, en isolement total, ne pouvait matériellement pas organiser un tel crime.
Cette affaire a engendré une atmosphère de peur généralisée à Marseille, touchant aussi bien les habitants que les professionnels travaillant sur le trafic de drogue. Le niveau de sécurité protégeant Amine Kessaci a été augmenté et ses proches bénéficient d’un suivi spécialisé. Pendant ce temps, la DZ Mafia poursuit son expansion bien en dehors de Marseille.



