
Le marché de l’art demeure caractérisé par des disparités importantes entre artistes hommes et femmes. Jeudi, la Mexicaine Frida Kahlo a franchi un palier majeur en voyant l’une de ses créations atteindre 54,66 millions de dollars, soit environ 47 millions d’euros, lors d’une enchère organisée par Sotheby’s à New York. Cet autoportrait établit un nouveau record mondial pour une femme artiste.
L’œuvre intitulée Le rêve (La chambre), peinte en 1940, surpasse le précédent record détenu par la peintre américaine Georgia O’Keeffe. Cette dernière avait vendu un tableau pour 44,4 millions de dollars en 2014. Cependant, ces chiffres demeurent considérablement éloignés des sommes atteintes par les peintres masculins, révélant une inégalité profonde dans le marché de l’art.
À titre comparatif, un portrait d’Gustav Klimt s’est vendu mardi pour 236,4 millions de dollars, devenant la deuxième œuvre la plus onéreuse au monde. Seul le Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci, le dépasse avec une vente record de 450 millions de dollars en 2017 à New York. Ces écarts illustrent les disparités de valorisation selon le genre de l’artiste.
Frida Kahlo, artiste mexicaine née au début du vingtième siècle, a disparu en 1954 à quarante-sept ans. Son existence a été marquée par une santé fragile et une souffrance chronique due à la poliomyélite contractée durant l’enfance et à un grave accident de bus survenu en 1925. Ces épreuves ont profondément influencé son œuvre.
Cette toile, créée lors d’une période cruciale de sa carrière, reflète les turbulences de sa relation avec le peintre Diego Rivera. Le tableau représente l’artiste dormant dans un lit flottant dans le ciel, surmonté d’un squelette géant aux jambes entourées de dynamite. Anna Di Stasi, spécialiste de l’art latino-américain chez Sotheby’s, note que Frida fusionne folklore mexicain et surréalisme, créant une image profondément personnelle.



