L'Australie et la Turquie s'accordent pour accueillir la COP31 à Antalya en 2027
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L’Australie et la Turquie s’accordent pour accueillir la COP31 à Antalya en 2027

Aliou Sembène

Un accord de principe a été conclu mercredi 19 novembre entre l’Australie et la Turquie concernant l’organisation de la prochaine conférence climatique mondiale. La COP31 se tiendra à Antalya en Turquie, mettant fin à plusieurs mois de négociations tendues entre les deux nations. Cette résolution constitue une victoire diplomatique majeure pour Ankara, qui parvenait ainsi à sortir d’une impasse embarrassante.

Le consensus représentait une condition indispensable pour cette désignation, les règles des conférences climatiques de l’ONU l’exigeant. Cependant, l’Australie a obtenu des compensations importantes. Le Premier ministre Anthony Albanese a qualifié l’accord de grande victoire pour les deux pays, tandis que le ministre australien du Climat Chris Bowen reconnaissait que d’importantes concessions avaient été nécessaires de part et d’autre. Notamment, l’Australie obtiendrait la présidence des négociations en 2026, un arrangement exceptionnellement inhabituel dans les pratiques diplomatiques climatiques.

En novembre 2026, des dizaines de milliers de participants convergeraient vers Antalya, célèbre station côtière de la Méditerranée turque. La Turquie accueille régulièrement chaque janvier un important forum diplomatique dans cette ville, levier stratégique de son influence géopolitique mondiale. Une réunion préparatoire traditionnelle devrait se dérouler dans le Pacifique, région que l’Australie souhaitait impliquer davantage, tant les États insulaires font face aux risques climatiques majeurs liés à la montée des eaux et aux catastrophes environnementales.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée a exprimé sa déception face à cette décision. Son ministre des Affaires étrangères Justin Tkatchenko a dénoncé auprès de l’agence AFP que l’accord ne correspondait pas aux attentes régionales. Les nations du Pacifique souhaitaient une implication plus directe dans l’organisation de ces négociations cruciales pour leur survie climatique. Des sources de la délégation turque indiquaient cependant qu’aucun accord final n’avait encore été officiellement scellé.

L’attribution à la Turquie symbolise l’affirmation d’une diplomatie active menée par Ankara en dehors des puissances occidentales traditionnelles. Le gouvernement d’Erdogan intervient comme médiateur sur des conflits majeurs : la Russie et l’Ukraine, l’Éthiopie et la Somalie, et soutient certaines factions militaires soudanaises. Récemment, Istanbul a servi de cadre aux négociations entre Pakistan et Afghanistan, demeurant ainsi un acteur diplomatique de premier plan à l’échelle internationale.

Les blocages persistaient au sein du groupe régional regroupant l’Europe de l’Ouest, la Turquie, l’Australie, le Canada, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande. L’Australie disposait du soutien majoritaire des membres du groupe, mais la Turquie refusait de renoncer. Une stalemate aurait mené par défaut à l’organisation en Allemagne, où siège le secrétariat de l’ONU Climat. Cette résolution provisoire devra être formellement entérinée lors du vote final de la COP30 au Brésil, réunissant près de 200 nations cette semaine.

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