
Yves Mérillon, porte-parole des Restos du cœur, alerte sur une situation alarmante : plus de 15% des Français vivent sous le seuil de pauvreté, un record historique selon l’Insee. Cette progression s’explique notamment par la crise inflationniste survenue après le conflit en Ukraine, qui a plongé des dizaines de milliers de personnes dans la précarité financière.
Le profil des bénéficiaires de l’aide alimentaire s’est transformé considérablement. La moitié des personnes accueillies ont moins de 25 ans, incluant des étudiants et des enfants accompagnés de leurs familles. Cette découverte a surpris les bénévoles lors des premières statistiques établies par l’association.
Au-delà des jeunes, les Restos du cœur reçoivent des familles monoparentales, particulièrement vulnérables, ainsi que des retraités vivant avec de minimes allocations. Les travailleurs pauvres occupant des emplois à temps partiel constituent aussi une part importante des demandeurs d’assistance, malgré leurs revenus d’activité.
La situation financière de nombreuses familles demeure critique. Après acquittement du loyer et des charges de logement, 42% des familles aidées n’ont plus aucune ressource pour survivre jusqu’à la fin du mois. Certaines mères se privent volontairement de repas pour assurer la nutrition de leurs enfants, illustrant les sacrifices imposés par l’extrême précarité.
Si des disparités existent entre zones rurales et urbaines, la pauvreté caractérise surtout une accumulation de précarités multiples : instabilité professionnelle, accès limité aux droits sociaux, insécurité du logement. Les Restos du cœur, initialement conçus comme une aide temporaire, restent d’une nécessité criante, révélant un échec collectif de la protection sociale.



