
En France, la violence liée au narcotrafic s’intensifie et frappe des populations de plus en plus jeunes. Un enfant de 12 ans gît actuellement dans le coma après avoir reçu une balle dans un point de vente de drogue à Grenoble. Les agresseurs demeurent en fuite. Le procureur adjoint suggère qu’il pourrait s’agir d’un mineur isolé d’origine nord-africaine. Des vérifications d’empreintes ont révélé plusieurs identités, dont une convoquée devant le juge des enfants pour trafic de stupéfiants. L’établissement signale que le garçon avait fréquemment quitté son foyer récemment, vraisemblablement pour participer au trafic de drogue.
Parallèlement, Marseille connaît aussi des actes meurtriers graves. Un jeune homme de 20 ans a été abattu par deux assaillants à moto devant une salle de concert. Le procureur marseillais a confirmé que la victime était le frère d’un militant écologiste. Cet activiste, connu pour s’opposer au narcotrafic, bénéficiait d’une protection policière. En 2020, un autre de ses frères, âgé de 22 ans, avait été tué dans des circonstances tout aussi tragiques. Les autorités ne peuvent exclure que cet assassinat soit une tentative d’intimidation contre l’activiste.
À Lyon, un troisième crime s’ajoute à cette série sombre. Un homme de 23 ans a été abattu par trois individus armés à Écully. Les enquêteurs privilégient l’hypothèse d’un règlement de comptes. Ces incidents successifs illustrent un changement inquiétant dans la criminalité française. Les victimes deviennent plus jeunes ou ne sont pas nécessairement impliquées dans le trafic. Ce phénomène a donné naissance au terme « narchomicide », combinaison des mots narcotrafic et homicide, employé pour la première fois en août 2023.
Les statistiques officielles du ministère de l’Intérieur indiquent 110 décès et 341 blessés en 2024 liés au narcotrafic. Ces chiffres demeurent supérieurs aux années 2021 et 2022 malgré une baisse comparée à 2023. La diminution s’explique partiellement par la fin des affrontements entre deux gangs criminels rivaux de Marseille. Cependant, les saisies de drogues explosent : 53,5 tonnes de cocaïne confisquées en 2024, soit une augmentation de 130 pour cent.
L’ampleur du phénomène suscite une grave préoccupation. Sur 176 personnes poursuivies pour assassinat, un quart avait moins de 20 ans, dont 16 mineurs. Cette violence touche principalement le sud de la France. Le gouvernement a promulgué une nouvelle loi en juin renforçant l’arsenal juridique contre la criminalité organisée, créant un parquet spécialisé et permettant des techniques de surveillance élargies. Les autorités considèrent désormais la lutte contre les points de deal comme une priorité stratégique.



