
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est exprimé lundi lors du salon Choose France pour rassurer les dirigeants d’entreprises face aux inquiétudes concernant les mesures fiscales. Il a alerté sur le vrai danger : l’absence de budget pour la France. L’examen du projet budgétaire reprenait à l’Assemblée nationale avec un risque majeur de transmission au Sénat sans vote complet du texte, similaire à la situation de la Sécurité sociale.
Les représentants du monde économique, notamment du Medef et des industries, ont exprimé leurs préoccupations. Alexandre Saubot de France Industrie a qualifié certains projets fiscaux de « délirants ». Jacques Creyssel du Medef a souligné que l’instabilité politique pousse les PME à reporter leurs investissements. Ces inquiétudes reflètent une véritable crainte face aux décisions parlementaires incertaines.
Face à ces craintes, Lecornu a assuré que des taxes votées en première lecture n’auront jamais d’application concrète. Il a mentionné avoir saisi le Conseil d’État et précisé que la taxe Zucman ne figurait pas dans le projet de budget initial. Il a également défendu la politique d’offre gouvernementale, regrettant qu’elle soit minoritaire à l’Assemblée où dominent des aspirations sociales et fiscales.
Le Premier ministre a refusé d’exprimer des regrets concernant l’abandon du 49.3, estimant que cette décision a redonné au Parlement son rôle fondamental. Cependant, il a directement critiqué la France insoumise pour ses « agendas cyniques de brutalité », pointant du doigt sa demande de plus de temps pour débattre et sa contestation de l’absence de séances parlementaires ce week-end.
Lecornu a appelé à un compromis budgétaire rapide, avant la fin décembre, avertissant que l’absence de budget entraînerait une gestion de crise ultérieure bien plus problématique. Il a aussi reconnu que le monde des affaires devait accepter l’existence du Parlement sans majorité claire et a invité le patronat à participer aux discussions sur la réforme des retraites, suspendue jusqu’à la présidentielle.



