Les Équatoriens rejettent par référendum l'installation de nouvelles bases militaires étrangères sur leur territoire national
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Les Équatoriens rejettent par référendum l’installation de nouvelles bases militaires étrangères sur leur territoire national

Romain Mazzotti

Dimanche 16 novembre, les Équatoriens ont infligé un revers cinglant au président Daniel Noboa. Le peuple a rejeté le retour des bases militaires étrangères et l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Selon les premiers résultats du référendum, 61 % des votants refusent de lever l’interdiction des bases étrangères, tandis que 62 % s’opposent à la nomination d’une assemblée constituante. Noboa a accepté cette défaite en déclarant respecter la volonté populaire, affirmant que son engagement ne faisait que se renforcer.

Environ 14 millions d’Équatoriens ont participé à ce scrutin obligatoire portant sur quatre questions. Au-delà de la présence militaire étrangère et de la nouvelle Constitution, ils devaient voter sur la fin du financement public des partis politiques et la réduction du nombre de parlementaires. Ces enjeux reflétaient les priorités du gouvernement face aux défis internes du pays.

Le rejet des bases militaires empêcherait l’armée américaine de revenir à Manta, son ancienne position sur la côte Pacifique. Cette décision intervient dans un contexte de tensions régionales accrues. Les États-Unis déploient massivement des forces en mer des Caraïbes et dans le Pacifique, menant des frappes aériennes contre des navires présumés transportant de la drogue. Noboa espérait obtenir un soutien américain accru pour combattre les gangs et cartels ravageant l’Équateur.

L’Équateur traverse une crise sécuritaire sans précédent. Le taux d’homicides atteint 39 pour 100 000 habitants, le plus élevé d’Amérique latine selon Insight Crime. Les projections indiquent une augmentation à 52 pour 2025. Noboa mène une guerre féroce contre la criminalité organisée par des déploiements militaires constants, des opérations spectaculaires et des états d’urgence fréquents, critiqués par les défenseurs des droits humains.

Pendant le vote, Noboa a annoncé l’arrestation de « Pipo » Chavarria, chef du principal gang de narcotrafiquants équatoriens, capturé en Espagne. Certains citoyens soutiennent une intervention militaire étrangère, estimant que le crime organisé s’est profondément enraciné dans l’État. D’autres, épuisés par l’insécurité et l’absence de services publics, voient ce scrutin comme un rejet du gouvernement lui-même.

Au pouvoir depuis novembre 2023, Noboa s’est aligné fortement sur Washington depuis le retour de Donald Trump. L’Équateur est devenu un allié stratégique majeur des États-Unis dans la région. Le pays soutient le déploiement militaire américain qui aurait tué au moins 80 narcotrafiquants présumés. Cependant, le peuple équatorien a clairement exprimé des réserves face aux transformations constitutionnelles et à la présence militaire étrangère proposées par le gouvernement.

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