Le Venezuela plonge dans une nouvelle crise d'hyperinflation avec des taux atteignant 548% cette année et 629% l'année prochaine
ÉconomieInternational

Le Venezuela plonge dans une nouvelle crise d’hyperinflation avec des taux atteignant 548% cette année et 629% l’année prochaine

Hamza Chouraqui

Le Venezuela plonge à nouveau dans une crise inflationniste majeure. Le Fonds monétaire international prévoit une inflation de 548% pour 2025 et 629% pour 2026, dépassant largement les périodes précédentes d’hyperinflation. La Banque centrale n’a publié aucun chiffre depuis octobre 2024. Les experts considèrent le retour de l’hyperinflation comme inévitable, bien que le gouvernement maintienne des estimations bien plus basses.

La vie quotidienne des Vénézuéliens reflète cette réalité économique dévastatrice. Les citoyens achètent uniquement ce dont ils ont besoin pour la journée, incapables de constituer des réserves. Les revenus ne suivent pas les augmentations de prix. Commerçants et ménagères font quotidiennement face à des coûts qui explosent. Certains visites aux marchés se répètent chaque jour par nécessité, le budget ne permettant plus les achats hebdomadaires.

Le gouvernement de Nicolas Maduro attribue cette crise aux sanctions économiques et à l’intervention américaine. Maduro affirme une croissance de 9% en 2025, tandis que le FMI l’estime à 0,5%. Le président bénéficie d’une marge de manœuvre limitée pour contester cette version officielle, notamment depuis les arrestations d’économistes et d’un ancien ministre des Finances. Ces détentions coïncidaient avec des opérations contre la diffusion des prix du dollar parallèle.

Contrairement aux crises précédentes, les magasins ne sont pas vides. Nicolas Maduro a introduit plus de rigueur budgétaire et dépénalisé le dollar. La monnaie américaine fonctionne désormais comme devise de facto du pays. Cependant, les prix en dollars connaissent aussi une hausse vertigineuse, atteignant 80% d’inflation annuelle en dollars. Les économistes débattent du seuil technique à partir duquel parler d’hyperinflation, certains évoquant 500% annuels.

La dépendance au dollar crée un cercle vicieux. Washington a restreint les paiements de Chevron, obligeant le géant pétrolier à verser en pétrole brut plutôt qu’en devises. Le Venezuela revend ce pétrole au marché noir à bas prix. L’offre de dollars diminue, créant un écart de change dépassant 60%. Depuis janvier, le dollar a augmenté de près de 400% face au bolivar, entraînant des augmentations de prix à chaque dépréciation.

Les prix augmentent plus vite que ne l’expliquerait seul le taux de change. Les commerçants ajustent leurs marges pour se protéger, amplifiant l’inflation. Un économiste reconnaît que les hyperinflations finissent par s’auto-réguler. Lorsque le pouvoir d’achat devient extrêmement réduit, la demande s’effondre et les vendeurs baissent leurs prix faute de clients. Cette dynamique pourrait intervenir en 2026, selon certains analystes.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer