À Bor dans l'État du Jonglei, une nouvelle station de purification d'eau a été inaugurée au Soudan du Sud
International

À Bor dans l’État du Jonglei, une nouvelle station de purification d’eau a été inaugurée au Soudan du Sud

Aliou Sembène

Au Soudan du Sud, 59 % de la population manque d’accès à l’eau potable. Le pays développe progressivement ses infrastructures avec un soutien international. La capitale de l’État du Jonglei, Bor, a inauguré une grande station de purification en novembre, financée par les gouvernements néerlandais et coréen via l’UNICEF.

Depuis mai, cette installation purifie l’eau du Nil pour desservir 96 000 habitants, soit 80 % de la population locale. Cette ressource transforme les conditions de vie quotidienne. Achol Teresa Jok, connectée au réseau, cultive désormais un potager grâce à l’eau disponible. Elle vend ses produits pour payer sa facture à 50 centimes d’euro le mètre cube, un tarif abordable.

Achol témoigne du changement radical : autrefois, remplir un seul jerrican de 20 litres au puits prenait jusqu’à une heure. Les tâches domestiques sont maintenant bien plus simples. Elle partage même gratuitement l’eau avec trois voisines âgées ou handicapées.

Peu de foyers bénéficient encore du raccordement direct. Environ 30 kiosques fonctionnent quotidiennement pendant douze heures. Les utilisateurs comme Nyandong Chan apprécient une eau propre à proximité. Auparavant, ils prélevaient directement dans le Nil, risquant des maladies. Six trajets à pied sont nécessaires pour ramener assez d’eau pour la consommation quotidienne.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011 et ravagé par la guerre civile, endure actuellement une épidémie de choléra ayant causé plus de 1 500 décès. L’eau insalubre, les inondations et les conditions sanitaires catastrophiques menacent la population, notamment les millions de déplacés internes et réfugiés fuyant le conflit soudanais voisin.

L’aide internationale reste essentielle, mais les autorités locales doivent garantir le fonctionnement durable des grands projets. Yar Paul, directrice de la South Sudan Urban Water Corporation, gère les cinq stations nationales. Le modèle économique priorise l’accessibilité sur les profits immédiats.

Bor représente le meilleur exemple du pays grâce à son système solaire. L’énergie renouvelable réduit drastiquement les coûts, l’électricité étant la dépense majeure. Les besoins nationaux restent énormes : la majorité dépend de puits manuels. Le choléra s’est propagé depuis Malakal et Renk jusqu’à Juba. Combattre ces crises sanitaires liées à l’eau constitue une priorité urgente.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer