
Roberto De Zerbi et Timothy Weah se sont présentés ce vendredi devant les médias, à l’occasion d’une conférence de presse attendue. Ce rendez-vous, fixé à 13h, intervient dans un contexte marqué par la récente défaite de l’Olympique de Marseille face à l’Atalanta, qui a suscité de nombreuses interrogations au sein du club et parmi les observateurs.
La frustration demeure palpable du côté marseillais, notamment après la décision arbitrale contestée lors du dernier match. Les dirigeants et le staff technique ont reconnu en interne que l’équipe avait manqué son entame, évoquant « 20 ou 25 premières minutes » insuffisantes. Cette autocritique s’accompagne d’une prise de conscience sur les difficultés récentes de l’OM.
Timothy Weah, de retour dans le groupe, a livré une analyse lucide sur la situation actuelle. « Ça fait bien de retrouver le groupe, de retrouver tout le monde. On a une bonne équipe, en ce moment, on ne joue pas notre meilleur football. Mais il y a des périodes où tu joues bien, d’autres moins. On est à deux points de Paris, on doit se remettre en question, prendre nos responsabilités et élever le niveau. »
OM : blessures, critiques et gestion de l’effectif
Weah a également souligné l’impact des nombreuses absences sur les performances collectives. « Il y a beaucoup de blessures, de joueurs importants et c’est difficile parce que tu enchaînes les matchs tous les trois jours. » Il insiste sur la nécessité d’un sursaut d’agressivité : « C’est un groupe qui a envie de gagner. Je pense qu’il faut être un peu plus agressifs dans les matchs mais ça se travaille. »
Interrogé sur la pression médiatique, Weah a tenu à relativiser : « Je lis que c’est la crise totale et je ne comprends rien. C’est pas comme si on était 10es, on est à deux points de Paris. On ne fait pas les résultats qu’on a envie mais ce n’est pas la fin du monde. Il faut rester sur notre travail et ne pas regarder les autres. » Il ajoute : « La pression? Ça ne me surprend du tout. J’ai déjà joué pour des grands clubs comme Paris, la Juventus, le Celtic. Quand tu perds ça devient un peu la folie mais les joueurs ne doivent pas regarder ça. »
Weah a mis en avant sa polyvalence et son engagement : « Je suis quelqu’un qui respecte tous les postes. J’ai grandi avec ça, je suis professionnel, je dois essayer d’exécuter pour l’équipe si le coach me dit que je joue à gauche ou à droite. Est-ce que je peux être efficace ou utile pour l’équipe? J’ai cette mentalité. »
De Zerbi : analyse tactique et gestion des critiques à l’OM
Roberto De Zerbi s’est exprimé sur la gestion de l’effectif, notamment en ce qui concerne les changements de composition. « J’ai plusieurs réunions par jour, je sors d’une avec Medhi Benatia et la cellule médicale. Aujourd’hui, on ne peut pas trop travailler parce qu’on sort du match contre l’Atalanta. (…) Certains disent que je change beaucoup la compo, mais vous pensez que je la change parce que je suis confus ou parce que je veux ne pas aggraver la situation des blessés? On essaie de ménager les temps de jeu, éviter qu’un Nayef Aguerd se blesse comme à Auxerre. C’est la même chose pour Balerdi à Lens. Je n’aime pas changer cinq ou six joueurs par match. Mais comme toutes les équipes, il faut faire tourner les effectifs. »
Concernant les absences, De Zerbi a précisé : Emerson, suspendu, fera son retour, tandis qu’un point sera fait sur Timothy Weah. « Balerdi n’est pas là, Kondogbia pourrait être sur le banc avec un temps de jeu réduit. Maupay sera peut-être sur le banc. On n’est pas encore sorti de cette situation de blessures. À partir de la semaine prochaine, des joueurs blessés reviendront dans le groupe : Balerdi, peut-être Medina, Kondogbia sera à 100%. »
Sur les critiques relatives à la qualité du jeu, De Zerbi assume : « Les critiques sur la qualité du jeu sont justifiées sur les trois derniers matchs, je le dis sans honte et je prends ma part de responsabilité. Depuis que je suis ici, on a toujours été la première ou la deuxième attaque. Vous vous énervez quand on va vers l’arrière, moi aussi je m’énerve quand on recule. Mais parfois pour aller mieux vers l’avant, c’est aussi juste d’envoyer le ballon vers l’arrière une fois. On a plus tiré au but que l’Atalanta, on est plus souvent entré dans la surface mais eux ont marqué. Ça me déçoit. (…) Des joueurs doivent grandir. Vermeeren, peu d’entre vous le connaissaient l’année dernière. Le championnat français est physique et il faut une certaine patience pour certains joueurs. Dans la dernière partie avant la trêve, on n’a vraiment pas été chanceux avec les erreurs d’arbitrage, les buts malencontreux encaissés en fin de match. »
Focus sur les joueurs : retours, absences et perspectives
De Zerbi a donné des nouvelles de Bilal Nadir, victime d’un malaise récemment : « Il s’est entraîné avec nous hier. Il va mieux mais il n’est pas encore à 100%. On l’évaluera aujourd’hui mais s’il est dans le groupe, il sera sur le banc. » Sur Gouiri, il précise : « Gouiri ne jouait pas au début parce qu’il n’était pas à 100%, puis il était titulaire contre le PSG. C’est un joueur unique par ses caractéristiques, je ferais une erreur si je voulais créer un nouveau Gouiri dans l’équipe. J’essaie des caractéristiques de joueurs et créer une chose collective. »
Concernant Paixao, critiqué pour son manque de dribbles contre l’Atalanta, De Zerbi explique : « Contre l’Atalanta, Paixao n’était pas très bien physiquement. À Lisbonne, il a dribblé tout le monde en première mi-temps, même les ramasseurs de balle, c’est juste une question physique. Il joue beaucoup. Ça reste un joueur important pour nous, l’Atalanta défendait de manière particulière et physique. Il doit dribbler, faire des erreurs et recommencer. Les joueurs de qualité ne doivent pas penser à ne pas faire d’erreurs mais à faire les choses. »
Sur la situation de Bakola, De Zerbi affirme : « Bakola peut jouer à deux ou à trois au milieu. J’essaie de trouver le bon moment pour l’aligner. Les jeunes forts doivent avoir l’opportunité mais il faut faire attention au moment où on les aligne. Avec Robinio (Vaz), ce sera le futur de l’OM même si je ne sais pas quel futur, il faut réussir à garder ces jeunes. Il fait partie du patrimoine de l’OM. »
OM : ambitions, mentalité et gestion de la pression
Interrogé sur la période difficile traversée par Pavard, De Zerbi a reconnu : « Je ne peux pas tout expliquer. Si on parle du jeu, jusqu’à Lens, on a fait de bons matchs. L’épisode de Lisbonne nous a fait mal parce que le Sporting n’a pas créé beaucoup d’occasions. C’était un peu la même chose à Lens, il faut rester équilibré. Je pense que Benjamin Pavard en a souffert, il faut qu’il soit serein. La responsabilité est la mienne. »
Au sujet de la défaite contre l’Atalanta, De Zerbi a confié : « Quand tu perds comme ça, ce n’est pas forcément une très belle chose. Il faut avoir la lucidité de comprendre le moment et ce n’est pas facile à Marseille. Les joueurs sont sereins mais énervés et fâchés de cette défaite. On a des moments comme ça pendant une saison, il faut réussir à s’en sortir et rester unis. C’est un moment difficile – comme après Rennes – parce qu’on ne joue pas bien. Perdre contre l’Atalanta et faire nul contre Angers, ça nous a agacés. On a beaucoup de joueurs blessés, il faut rester lucides et équilibrés. Si on gagne demain, on sera premiers et creusera l’écart puisqu’il y a trois confrontations directes. Mais il faudra faire un match différent que face à Angers et l’Atalanta. »



