
En marge du sommet des dirigeants mondiaux précédant la COP30 à Belém, au Brésil, Emmanuel Macron a adopté une posture nouvelle concernant l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Après une période marquée par la prudence, le chef de l’État français se montre désormais « plutôt positif » quant à la perspective de valider ce traité, tout en insistant sur la nécessité de demeurer vigilant.
Le président a précisé que les préoccupations françaises avaient reçu une écoute attentive à Bruxelles. Il a souligné : « Nous avons été entendus par la Commission qui non seulement nous a donné une réponse positive sur les clauses de sauvegarde, mais a souhaité aussi apporter des soutiens, en particulier au secteur de l’élevage ». Paris a ainsi obtenu un renforcement des mesures de protection du marché intérieur, ainsi qu’un durcissement de l’union douanière, destinés à préserver les filières nationales face à la concurrence sud-américaine.
Macron a tenu à rappeler la cohérence de sa position depuis l’ouverture des discussions. Il a affirmé : « J’ai été cohérent depuis le début. J’ai dit qu’en l’état, il n’était pas acceptable, c’est pour ça qu’il est en train d’être changé. » Selon lui, l’accord pourrait devenir acceptable à condition que les clauses de sauvegarde soient effectivement appliquées. Il a précisé que la Commission européenne doit encore poursuivre, « dans les semaines qui viennent », les négociations avec le Mercosur afin de finaliser ces garanties avant toute adoption.
Accord UE-Mercosur : enjeux de ratification et réactions sectorielles
Conclu à la fin de l’année 2024 après plus de vingt ans de négociations, l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur ambitionne de faciliter les échanges commerciaux entre les deux ensembles. Adopté par la Commission européenne le 3 septembre 2025, ce texte doit encore franchir l’étape de la ratification par les 27 États membres. En France, la contestation demeure vive, en particulier dans le secteur agricole, où l’on redoute une intensification de la « concurrence déloyale ».
La dynamique politique autour de cet accord semble toutefois s’accélérer. Mercredi, la présidence brésilienne a indiqué, à l’issue d’une entrevue entre Lula et Ursula von der Leyen, que les deux responsables étaient « disposés à signer » l’accord lors du sommet du Mercosur prévu le 20 décembre à Rio de Janeiro. Ce développement constitue un signal fort, laissant entrevoir une possible avancée pour un traité longtemps entravé par les réserves européennes, notamment celles exprimées par la France.
Clauses de sauvegarde et protection des filières françaises
Les discussions actuelles portent principalement sur l’intégration de clauses de sauvegarde robustes, destinées à protéger les secteurs sensibles de l’économie française. Le secteur de l’élevage bénéficie d’une attention particulière, avec des engagements spécifiques de la Commission européenne. Ce point reste central dans l’acceptabilité politique de l’accord, tant au niveau national qu’européen.



