
L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été reconnu coupable de tentative de coup d’État à l’issue d’un procès très suivi au Brésil. Trois juges sur cinq ont voté en faveur de la condamnation, entraînant une peine de vingt-sept ans de prison pour l’ex-chef d’État.
Durant les audiences, Bolsonaro n’était pas présent, officiellement pour des raisons de santé selon ses avocats. Depuis le début du mois d’août, il est assigné à résidence à Brasilia, alors qu’il est déjà déclaré inéligible jusqu’en 2030. Son absence n’a pas empêché la justice de poursuivre le procès.
La décision de la Cour suprême est intervenue après le vote de la juge Carmen Lucia, portant la majorité à trois voix contre une. Le rapporteur du procès, Alexandre de Moraes, a été le premier à se prononcer en faveur de la condamnation, estimant que le pays avait « failli redevenir une dictature ».
Bolsonaro est accusé d’avoir dirigé une « organisation criminelle » visant à se maintenir au pouvoir malgré sa défaite lors de la présidentielle de 2022 face à Luiz Inacio Lula da Silva. L’ancien président rejette fermement ces accusations et continue de clamer son innocence.
Le verdict a provoqué de vives réactions au sein de la société brésilienne, déjà très polarisée. Un ingénieur civil, Germano Cavalcante, estime que « ce procès n’est pas juste ». Il poursuit : « Il est plus politique que judiciaire ». À l’opposé, l’analyste système Ana Karla Oliveira s’est dite « absolument ravie » et a ajouté : « Je vais fêter cette condamnation », parlant d’une « réparation historique ».
L’affaire a rapidement pris une dimension internationale, aggravant les tensions entre le Brésil et les États-Unis. Donald Trump, soutien notoire de Bolsonaro, a dénoncé auprès des médias : « C’est très surprenant que ça puisse arriver. Ça ressemble vraiment à ce qu’ils ont essayé de faire avec moi ». Il a également déclaré : « Je l’ai connu comme président du Brésil. C’était un homme bien ».
En réaction à la condamnation, l’administration américaine a pris plusieurs mesures, telles que l’annulation des visas de certains juges brésiliens et des sanctions financières à l’encontre du juge Alexandre de Moraes. Par ailleurs, une surtaxe de 50 % a été imposée sur une partie des exportations brésiliennes vers les États-Unis.
La Maison-Blanche a indiqué qu’elle entendait « répondre en conséquence » à la décision de la justice brésilienne, ce qui laisse craindre une escalade des tensions diplomatiques entre les deux pays. Pendant ce temps, le Brésil reste divisé devant l’ampleur de l’affaire et ses répercussions sur la scène politique nationale.



