
La Colombie a connu une journée particulièrement sombre avec deux attentats ayant coûté la vie à au moins dix-huit personnes, ce qui témoigne d’une nette aggravation des violences dans le pays. Le président Gustavo Petro a qualifié cette journée de « jour de deuil ».
Dans l’après-midi, un camion piégé a explosé à proximité d’une école d’aviation militaire à Cali, dans le sud-ouest, causant la mort de six personnes et faisant plus de soixante-dix blessés. Les autorités ont dû évacuer plusieurs bâtiments ainsi qu’une école voisine.
Le maire de Cali, Alejandro Eder, a dénoncé une « attaque narcoterroriste » et réclamé une « militarisation » de la ville. Il a également annoncé la limitation de la circulation des poids lourds en centre-ville et promis une récompense substantielle pour toute information menant à l’arrestation d’un suspect.
« L’attentat terroriste perpétré contre la population civile à Cali ne saurait, en aucun cas, être justifié », a déclaré le ministre de la Défense, Pedro Sánchez. Celui-ci a attribué l’attaque à l’Estado Mayor Central, une dissidence des FARC, évoquant une réaction à la perte de contrôle du trafic de drogue dans plusieurs départements.
Plus au nord, à Amalfi, douze policiers ont péri dans l’attaque d’un hélicoptère alors qu’ils étaient déployés pour éradiquer des cultures de feuilles de coca. Le ministre de la Défense a précisé qu’un incendie s’était déclaré à bord après une attaque, apparemment menée avec un drone.
Le gouverneur d’Antioquia, Andrés Julián, a confirmé que le bilan initial de huit morts s’était aggravé, quatre autres personnes ayant succombé à leurs blessures, tandis que trois blessés étaient répertoriés. Selon lui, l’attaque ciblait des opérations contre les cultures servant à la production de cocaïne.
Le groupe de guérilleros Calarca, issu d’une scission de l’Estado Mayor Central, est soupçonné d’avoir orchestré cette attaque aérienne. Les autorités poursuivent leur enquête pour établir les circonstances exactes de l’événement et l’identité des responsables.
Le président Petro a annoncé l’arrestation d’un membre présumé du groupe dissident soupçonné d’être impliqué dans l’explosion à Cali, dans un contexte où les efforts de dialogue avec les groupes armés restent largement infructueux depuis la signature de l’accord historique avec les FARC il y a six ans.
La Colombie fait également face à une recrudescence de la culture de la feuille de coca, atteignant un record de 253 000 hectares cultivés en 2023, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Cette situation intervient à moins d’un an des prochaines élections présidentielles, dans un climat politique et sécuritaire tendu.



