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Pourquoi la Fédération nationale du taxi menace de « mettre le pays à l’arrêt » dès septembre prochain ?

Esteban Ortega

Les représentants des taxis en France annoncent des actions de grande ampleur à partir du 5 septembre pour dénoncer la nouvelle grille tarifaire du transport sanitaire. Selon la Fédération nationale du taxi (FNDT), les perturbations viseront notamment les aéroports, gares, frontières et points névralgiques de la distribution de carburant.

À Paris, les Champs-Elysées devraient constituer le centre symbolique de la contestation, mais des initiatives similaires sont prévues dans plusieurs régions, affectant d’autres infrastructures clés. Dominique Buisson, secrétaire général de la FNDT, explique : « Nous voulons mettre le pays à l’arrêt pour que le gouvernement arrête de nous mépriser ».

La stratégie des fédérations de taxis s’est précisée à la suite d’une récente réunion, où les syndicats ont détaillé les modalités de cette mobilisation. Parmi les axes envisagés, figure également la volonté de paralyser la distribution de carburant en vrac afin de faire pression sur l’exécutif.

Le cœur du conflit réside dans la nouvelle convention, entrée en vigueur au début du mois d’août, qui modifie la prise en charge des transports de patients par les taxis. Dès octobre, un forfait national harmonisé sera instauré, mais les trajets de retour à vide, jugés trop coûteux, seront désormais limités.

La FNDT estime que cette réforme pourrait entraîner une baisse de 30 % du chiffre d’affaires pour les professionnels concernés. De son côté, l’Assurance-maladie défend la mesure, affirmant qu’elle bénéficiera à la majorité des chauffeurs et devrait générer 150 millions d’euros d’économies.

L’argument avancé par l’Assurance-maladie repose sur la hausse continue des dépenses liées au transport sanitaire, qui devraient atteindre 6,7 milliards d’euros en 2024. Cette enveloppe représente une progression de 7 % en un an et un bond de 2,1 milliards d’euros par rapport à il y a dix ans.

Les taxis occupent désormais une place prépondérante dans ce secteur, accaparant près de la moitié des coûts totaux, contre moins de 20 % au début des années 2000. Dominique Buisson justifie cette évolution par l’augmentation du nombre de rendez-vous médicaux et l’éloignement croissant des centres de soins.

Selon la FNDT, 85 % des taxis exercent dans le transport de patients, une activité qui constitue souvent la principale source de revenus pour ces professionnels. D’après la Sécurité sociale, les courses remboursées équivalent à la moitié du chiffre d’affaires réalisé sous convention.

Enfin, la FNDT précise qu’elle n’envisage pas d’associer ce mouvement à d’autres mobilisations prévues ce mois de septembre. « Nous ne sommes pas sur les mêmes revendications », insiste Dominique Buisson, marquant ainsi la spécificité de leur démarche.

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