
La mousson provoque actuellement des dégâts considérables en Extrême-Orient, frappant notamment le Pakistan avec une violence inhabituelle. Des inondations et glissements de terrain ont touché plusieurs régions du nord du pays, où les secouristes continuent de fouiller les ruines à la recherche de survivants.
Au moins 350 personnes ont perdu la vie dans les villages montagneux du nord, tandis qu’environ 150 autres demeurent introuvables. Les sinistrés et les équipes d’urgence poursuivent les recherches dans des conditions extrêmement difficiles, alors que l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise.
La province du Khyber-Pakhtunkhwa, frontalière de l’Afghanistan, enregistre un bilan humain particulièrement lourd. Les autorités locales rapportent que 317 décès y ont été recensés en seulement deux jours, ce qui représente la moitié des morts provoquées par la mousson à l’échelle nationale.
Dans le district de Buner, la situation est dramatique. « Au moins 150 personnes sont portées disparues et pourraient être coincées sous les débris de leurs maisons ou avoir été emportées par les eaux », a annoncé dimanche Asfandyar Khattak, directeur de l’Autorité provinciale de gestion des catastrophes. Les secouristes redoutent pour leur sort.
Bilal Ahmed Faizi, porte-parole des secours provinciaux, signale que « leurs chances de survie sont désormais très minces ». Il précise également que « une dizaine de villages ont été dévastés par ces pluies torrentielles », soulignant l’ampleur des dégâts qui frappent la région.
Plus de 2 000 secouristes sont mobilisés dans les zones les plus touchées, travaillant sans relâche aux côtés des habitants. Depuis le début de la mousson à la fin juin, le nombre total de victimes s’élève à 650 morts, dont une centaine d’enfants, et 910 blessés. Les chiffres pourraient encore grimper dans les prochains jours.
Les autorités s’inquiètent d’une aggravation à venir. Selon le lieutenant-général Inam Haider, président de l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, « l’intensité de la mousson cette année est 50 à 60 % supérieure à celle de l’année dernière ». Syed Muhammad Tayyab Shah, de la même agence, prévient que « l’intensité de la mousson va encore augmenter jusqu’à la fin du mois d’août ».
Face à la situation, les autorités mettent en garde contre de nouvelles inondations soudaines et des risques de glissements de terrain, invitant la population à éviter les zones les plus exposées. La région touristique du Gilgit-Baltistan, fréquentée par de nombreux alpinistes chaque été, est particulièrement surveillée.
Le Pakistan, cinquième pays le plus peuplé au monde, fait face depuis plusieurs années à des phénomènes climatiques extrêmes. Les scientifiques alertent sur la multiplication de catastrophes telles que les inondations massives, les crues de lacs glaciaires et les périodes de sécheresse, conséquences directes du changement climatique.



