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Pourquoi Tesla a dû débourser près de 29 milliards de dollars pour empêcher le départ de Musk ?

Annabelle Chesnu

Alors que Tesla traverse une période difficile sur le plan financier, l’entreprise a tout de même confirmé un plan de rémunération colossal pour son patron Elon Musk. Ce dernier devrait recevoir l’équivalent de 29 milliards de dollars sous forme d’actions, soit environ 25 milliards d’euros, malgré la baisse des résultats du constructeur automobile.

Les derniers chiffres publiés par Tesla montrent une diminution de 16 % du bénéfice net au deuxième trimestre, principalement due à une chute des ventes. Cette situation s’expliquerait en partie par la popularité déclinante d’Elon Musk, dont l’image publique a souffert de ses prises de position politiques et de son engagement auprès de l’administration Trump.

Depuis janvier, plusieurs appels au boycott ont visé Tesla, alors que la relation d’Elon Musk avec le gouvernement américain suscite la controverse. Cette situation s’inscrit dans la continuité d’une affaire initiée en 2018, lorsque les actionnaires avaient approuvé un plan de rémunération sur dix ans, conditionné à la réalisation d’objectifs ambitieux et représentant jusqu’à 56 milliards de dollars en actions.

Ce plan, toutefois, a été annulé en janvier 2024 par une juge du Delaware, qui estimait que le conseil d’administration avait reçu des informations « trompeuses » avant le vote. Mais à la mi-juin, la validation du versement a été rétablie, avant d’être à nouveau rejetée, poussant Tesla à faire appel de la décision judiciaire.

Malgré ces rebondissements, une partie des actionnaires reste déterminée à maintenir Elon Musk aux commandes. « Retenir Elon est plus important que jamais auparavant », affirme l’entreprise, qui redoute un départ du dirigeant en cas de refus de son plan d’actions. Musk lui-même a laissé entendre qu’il pourrait quitter Tesla pour renforcer son contrôle ailleurs s’il n’obtenait pas satisfaction.

Dans ce contexte, les dirigeants de Tesla ne semblent pas envisager de changement à la tête de l’entreprise, malgré les critiques entourant Musk et son image controversée. Les partisans du patron ne lui reprochent pas ses choix politiques, même s’ils ont contribué à détourner une partie du public de la marque.

Par ailleurs, les résultats financiers mitigés de Tesla sont interprétés de manière contrastée. Adam Crisafulli, fondateur de Vital Knowledge, nuance : « Si l’on considère que Tesla est avant tout une entreprise automobile, alors les résultats sont décevants. Si l’on considère que Tesla est un géant de l’intelligence artificielle et de la robotique, alors les résultats du deuxième trimestre ne changent rien aux perspectives du groupe. »

Tesla mise en effet sur de nouveaux marchés, notamment celui des robots-taxis, dont les premiers exemplaires ont été mis en service à Austin, au Texas, en juin. L’entreprise espère que la généralisation de la conduite autonome permettra de redresser la situation, mais des doutes subsistent.

Récemment, un tribunal en Floride a partiellement tenu Tesla responsable d’un accident mortel survenu en 2019, impliquant une voiture dotée de l’option « pilotage automatique ». Cet épisode rappelle que les défis technologiques et juridiques restent considérables pour la marque et son dirigeant.

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