
Selon une récente étude des douanes françaises publiée le vendredi 25 juillet, environ 2000 entreprises françaises, représentant la moitié des exportations nationales vers les États-Unis, réalisent au moins 10% de leur chiffre d’affaires sur le marché américain. Ces sociétés se trouveraient particulièrement vulnérables à l’impact des droits de douane additionnels.
En 2024, la valeur totale des biens expédiés vers les États-Unis atteint 48,6 milliards d’euros, avec l’essentiel du volume assuré par 14 700 entreprises opérant dans les secteurs marchands, en excluant toutefois les biens agricoles et financiers. Cela fait des États-Unis le second partenaire commercial de la France après l’Allemagne.
Alors que les négociations entre l’Union européenne et Washington sur la question des droits de douane se poursuivent, un compromis semblait se dessiner récemment : les taxes américaines pourraient être abaissées à 15%, avec des dérogations prévues pour l’aéronautique et la pharmacie. En attendant une issue définitive, un taux temporaire de 10% s’applique actuellement à ces exportations.
La moitié de l’impact potentiel des nouveaux droits de douane concernerait ces 2000 entreprises, notamment dans les secteurs du matériel de transport, des boissons ou de la maroquinerie. L’étude souligne que ces sociétés réalisent à elles seules près des trois quarts des exportations françaises de ces produits vers le marché américain.
La capacité des entreprises à absorber cette hausse dépend de leur rentabilité. Comme le précise le rapport, « un taux élevé peut-être réduit par une entreprise afin de conserver sa clientèle ou d’absorber en tout ou partie la hausse des droits de douane pour ses clients en abaissant ses prix ».
En moyenne, le taux de marge des exportateurs français vers les États-Unis s’élève à 35,5% en 2024, contre 27,9% pour la moyenne nationale en 2022. Toutefois, l’étude met en lumière des écarts notables : un quart des sociétés exportatrices affichent un taux de marge inférieur à 11%, tandis qu’un autre quart dépasse 52,1%.
Si ces entreprises choisissaient de compenser intégralement la hausse des prix liée aux droits de douane en réduisant leur marge, elles devraient diminuer celle-ci de 0,6 point pour des taxes à 10%, et de presque 2 points si les droits grimpaient à 30%.
Les auteurs de l’étude estiment que la situation serait « plus difficile pour les industries de fabrication de matériel de transport (construction aéronautique et navale) » et « pour les microentreprises et pour les entreprises indépendantes », en raison de leur exposition et de marges parfois plus faibles.



