
L’entreprise Safra, fondée en 1955, est à un moment décisif. Alors que l’hydrogène devient crucial pour une mobilité plus verte, le choix du projet soutenu par Wanrun a été guidé par un investissement immédiat substantiel. Ainsi, 7 millions d’euros seront injectés pour protéger 120 emplois sur 169.
Bien que le personnel et les élus locaux aient soutenu le projet de Thierry Torti Holding, c’est l’engagement financier de Wanrun qui a finalement pesé dans la balance. Ce groupe étranger, spécialisé dans les batteries et panneaux solaires, n’a pourtant aucune expérience dans les bus.
Le Figaro rapporte que le projet chinois promet des investissements et un maintien partiel des emplois. Toutefois, les souvenirs des promesses non tenues par Jinjiang, ancien repreneur de la fonderie SAM, pèsent dans les esprits, une fermeture ayant marqué les esprits dans une région touchée par la désindustrialisation.
Philippe Bonnecarrère, député du Tarn, soulignait récemment l’importance d’une offre industrielle française, même si elle semblait initialement plus modeste. Selon lui, elle serait « plus solide sur le long terme ». De son côté, Jean-Louis Chauzy, président du CESER Occitanie, critique une « perte de souveraineté industrielle ».
TTH proposait un développement progressif avec un carnet de commandes de 450 millions d’euros, mais cela n’a pas suffi. La justice commerciale, en privilégiant l’argent frais, a choisi la solution la plus rapide, une décision qui pourrait impacter l’avenir industriel français.
Ce choix révèle une logique comptable qui, bien que pragmatique à court terme, soulève des questions sur les ambitions industrielles à long terme de la France. Le débat sur la souveraineté et le développement durable est plus que jamais d’actualité.



