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Cuba : Le retour du dollar sur l’île, un cri du désespoir pour une économie à l’agonie

Lahcen Senhaji
Diplômé en sciences politiques et en relations internationales, amateur de sciences et d’humanités, et passionné de football, Lahcen Senhaji a obtenu une licence en sciences politiques à l’Université Paris-VIII, ainsi qu’une maîtrise en relations internationales appliquées à l’Amérique latine à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine (IHEAL).

En ce début de 2025, les Cubains constatent peu de changements dans leur quotidien, malgré les promesses qui abondent de la part de leurs dirigeants. La fin progressive de la “libreta” – le carnet de rationnement – et l’augmentation des tarifs des services de communication ETECSA sont perçues comme des signaux d’une nouvelle politique, mais d’autres nouveautés posent question.

L’introduction officielle du dollar dans certains secteurs économiques suscite ainsi de nombreuses interrogations parmi la population. Pour beaucoup, cette mesure semble être un énième recours pour tenter de redresser une économie en grande difficulté. Les autorités appellent à la confiance, mais la population reste sceptique.

Un nouveau supermarché à Miramar symbolise cette transition. Administré par MGM Muthu Hotels et Gaviota, il n’accepte que les paiements en dollars, excluant la Monnaie Librement Convertible (MLC), une devise virtuelle sensée régler tous les problèmes économiques et créée il y a 5 ans par le gouvernement pour supplanter le Peso Convertible (CUC), qui lui-même avait remplacé le dollar. Seuls les Cubains recevant des fonds de l’étranger peuvent en profiter.

La diaspora cubaine joue un rôle de plus en plus crucial, avec près de deux millions de personnes ayant émigré en moins de trois ans. Ce phénomène alimente l’économie locale, mais accentue les inégalités entre ceux qui reçoivent des dollars et ceux qui n’ont pas ce soutien.

Le gouvernement, bien conscient de la gravité de la situation économique, reconnaît ses faiblesses. Miguel Díaz-Canel admet que les réformes n’ont pas avancé au rythme nécessaire pour répondre efficacement à la crise actuelle.

L’économie cubaine souffre d’une pénurie chronique de devises, et la dollarisation partielle vise à optimiser la gestion de ces ressources rares. Toutefois, cette approche soulève des questions d’équité et d’accès pour la majorité de la population.

Le secteur touristique et les envois d’argents depuis l’étranger (remesas) restent des piliers essentiels pour Cuba. Cependant, la baisse des envois en 2023 complique la situation économique, laissant de nombreux Cubains sans soutien financier de leurs proches vivant à l’étranger.

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