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Les autorités iraniennes ont arrêté plus de 50 000 personnes selon les organisations de défense des droits de l’homme

Annabelle Chesnu

Depuis le 28 décembre, une vague massive d’arrestations s’est abattue sur l’Iran. Plus de 50 000 personnes ont été interpellées selon l’organisation Human Rights Activists, qui a actualisé son décompte le 3 février. Ces chiffres révèlent l’ampleur de la répression face aux manifestations qui secouent le pays.

Les autorités ciblent des catégories très variées de la population iranienne. Des adolescents aux avocats, en passant par les enseignants, les soignants et les écrivains, personne n’échappe aux arrestations. Hrana rapporte 106 étudiants arrêtés et plus de 300 aveux forcés diffusés à la télévision, tandis que 11 046 citations à comparaître ont été émises contre les manifestants.

Les autorités iraniennes ont également signalé l’arrestation de 139 étrangers dans la province de Yazd, soupçonnés d’avoir organisé les manifestations. Quatre autres étrangers ont été interpellés à Téhéran. Ces détentions d’étrangers alimentent les accusations d’ingérence extérieure portées par le régime contre les États-Unis et Israël.

Les accusations contre les manifestants sont particulièrement graves. Selon Amnesty International, certains risquent la peine capitale pour des chefs tels que liens avec des médias étrangers, appartenance à des groupes monarchistes, possession d’armes ou meurtre de membres des forces de sécurité. Le chef du pouvoir judiciaire a avertis qu’il n’y aurait aucune clémence.

Le Centre pour les droits humains en Iran décrit des conditions d’arrestation terrifiantes. Détentions dans des entrepôts secrets, raids nocturnes violents et procès de masse sans avocats caractérisent la répression. Des témoins rapportent des arrestations maison par maison ciblant particulièrement les manifestants blessés.

Des disparitions forcées sont également documentées, notamment dans les régions du Kurdistan et de Kerman. Des personnes sont transférées dans des conteneurs sous contrôle des Gardiens de la révolution sans que leurs noms figurent dans les registres officiels. Les proches ignorent où se trouvent les disparus, créant une atmosphère d’insécurité permanente.

Les hôpitaux ne constituent pas des refuges. Amnesty International a documenté l’arrestation de manifestants blessés dans les établissements de santé des provinces d’Ispahan et de Chaharmahal-et-Bakhtiari. Les autorités recherchent les traces de balles de plomb comme preuves de participation aux manifestations, forçant les personnes à se déshabiller pour inspection.

Les conditions de détention sont déplorables pour les militants emprisonnés. 150 étudiantes détenues à Shiraz entassées dans une pièce conçue pour 30 personnes, sans eau potable ni installations sanitaires convenables. L’absence d’accès à un avocat et à la famille suscite des craintes concernant la torture, les abus sexuels et les décès en détention.

Les autorités contraignent les détenus à signer des documents qu’ils n’ont pas lus et à confesser des crimes fictifs. Les juges refusent de reconnaître les avocats choisis par les prisonniers, leur imposant des légalistes agréés aux honoraires prohibitifs. Cette pratique systématique viole les droits fondamentaux.

Les professionnels de santé payent un lourd tribut à la répression. Médecins et infirmières arrêtés pour avoir soigné les manifestants en dehors des structures officielles. Au moins trois infirmières ont trouvé la mort, tandis que dix-huit autres ont été convoquées par les autorités selon l’Association iranienne des infirmières.

Les avocats subissent également des arrestations ciblées. Six ont été interpellés à Chiraz et au moins neuf à Téhéran, Shiraz et Mashhad. Des figures de proue du mouvement ont été emprisonnées, dont le leader étudiant Abdollah Momeni, la journaliste Vida Rabbani et le cinéaste Mehdi Mahmoudian, accusés d’avoir critiqué le régime ou contribué à la dissidence.

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