
Le président congolais a énoncé les paramètres du dialogue national sollicité par l’opposition et soutenu par les partenaires occidentaux de la RDC. Cette initiative vise à résoudre la crise affectant l’est du pays. Les conditions fixées par le chef de l’État ont immédiatement provoqué des réactions variées dans la capitale.
Lors de son allocution devant le corps diplomatique le 31 janvier, Félix Tshisekedi a établi des cadres strictes pour le dialogue national. Le processus doit se dérouler sur le territoire national et sous la supervision des institutions existantes. Le président a également exigé que le régime ne soit pas remis en question et que les décisions judiciaires précédentes demeurent inchangées. Cette dernière condition revêt une importance particulière puisque plusieurs responsables du M23 et l’ancien président Joseph Kabila ont été condamnés à mort.
L’Église catholique a adopté une posture nuancée face à ces exigences. Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Congo, estime que la position présidentielle évoluera au cours des négociations. Il souligne que dans tout processus dialogal, des positions initiales rigides sont courantes. La volonté politique réelle importe davantage que les formulations de départ. L’Église propose sa médiation aux côtés d’autres confessions religieuses.
Martin Fayulu et sa coalition Lamuka accordent moins d’importance aux détails procéduraux. Prince Epenge, porte-parole de la coalition, affirme que les objectifs concrets comptent plus que le cadre. Il énumère les priorités : récupérer les territoires occupés à l’est, assurer l’unité du peuple congolais et engager des réformes électorales en préparation du scrutin de 2028. Epenge insiste cependant sur l’urgence du dialogue face à la détérioration quotidienne de la situation.
L’entourage de Joseph Kabila formule des critiques bien plus acérées. Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du parti de l’ancien président, dénonce les contradictions apparentes du pouvoir en place. Il observe que le chef de l’État proclame vouloir un dialogue inclusif tout en maintenant une justice qu’il qualifie de subordonnée. Kambere conclut que le dialogue annoncé ressemble davantage à un monologue unilatéral et que le président représente l’obstacle plutôt que la solution à la crise.



