
Au Gabon, le mouvement de protestation des enseignants s’intensifie malgré les négociations récentes. Lors d’assemblées générales tenues samedi 31 janvier à Libreville et dans les provinces, les grévistes ont voté à l’unanimité la reconduction de leur mouvement. Ce scrutin intervient une semaine après la signature d’un accord gouvernemental, révélant un profond mécontentement face aux mesures proposées.
L’accord négocié entre le gouvernement et les représentants syndicaux prévoyait plusieurs engagements: le recrutement de 400 enseignants, un pré-salaire pour 1800 bénévoles, et l’évolution de carrière pour 5000 agents. Cependant, ces concessions se sont avérées insuffisantes aux yeux de la majorité des grévistes rassemblés dans le stade de la capitale pour discuter de ces résultats.
Les manifestants présents expriment leur frustration face aux conditions de travail jugées indignes. Selon plusieurs témoignages recueillis, les dispositions gouvernementales ne répondent qu’partiellement aux demandes fondamentales. Les participants estiment que les autorités possèdent davantage de marge de manœuvre pour améliorer les termes de l’accord initial.
Clovis Ebo, figure du mouvement SOS Éducation-La base, critique les mesures proposées. Il souligne que régulariser la situation de 5000 enseignants sur 21000 représente une proportion insuffisante. Il demande un calendrier précis et remet en question la légalité du pré-salaire, considéré comme illégal en République gabonaise selon les dispositions nationales.
Néanmoins, cette prolongation du conflit suscite des désaccords au sein même du personnel enseignant. Certains agents, restant anonymes, estiment que refuser les concessions gouvernementales constitue une stratégie contre-productive. Ils préconisent un retour aux activités, envisageant de se remobiliser ultérieurement si les promesses ne s’avéraient pas tenues.



