International

Les forces tigréennes en Éthiopie accueillent favorablement les appels internationaux à la retenue et au dialogue

Romain Mazzotti

La région du Tigré connaît une nouvelle montée des tensions. Des affrontements ont éclaté récemment à Tsemlet, dans la zone occidentale du Tigré, territoire revendiqué par les forces de la région voisine d’Amhara. Ces incidents ravissent le spectre d’un conflit renouvelé dans cette région du nord éthiopien.

Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a exprimé samedi son approbation face aux appels internationaux à la modération et au dialogue. Cette position intervient quelques jours après que le conflit armé n’ait repris entre les forces tigréennes et l’armée fédérale éthiopienne. Le TPLF affirme sa disposition à participer à toute initiative de négociation facilitée par l’Union africaine.

Les premiers heurts directs entre les forces fédérales et tigréennes remontent à novembre 2025 dans la région adjacente de l’Afar. Cette escalade suscite des craintes légitimes quant à une réouverture du conflit meurtrier qui s’est déroulé de novembre 2020 à novembre 2022. Ce précédent conflit a causé environ 600.000 morts selon l’Union africaine, bien que plusieurs observateurs soupçonnent des bilans bien supérieurs.

L’inquiétude gagne les instances internationales. L’Union africaine a demandé à toutes les parties de manifester une retenue maximale. Le secrétaire général de l’ONU suit étroitement la situation et lance un appel similaire au calme. L’Union européenne avertit qu’une reprise des hostilités entraînerait des conséquences graves pour les civils et la stabilité régionale.

Des frappes de drone ont frappé le Tigré samedi, tuant un chauffeur routier selon les médias locaux proches des autorités tigréennes. Seul le gouvernement d’Addis Abeba dispose de tels appareils, largement employés pendant la guerre antérieure. Par ailleurs, Ethiopian Airlines, compagnie publique et unique opérateur aérien vers le Tigré, a suspendu ses liaisons jeudi dernier.

Le TPLF, qui a gouverné l’Éthiopie pendant près de trois décennies, s’est marginalisé depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018. Les autorités fédérales le maintiennent actuellement radié et l’accusent d’avoir tissé des liens avec l’Érythrée voisine.

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