
Au Venezuela, la direction par intérim entreprend des transformations majeures. Delcy Rodriguez a déclaré vendredi que une amnistie générale couvrirait toute la période de violence politique depuis 1999. Cette loi sera soumise à l’Assemblée nationale pour réparer les blessures causées par la confrontation politique et restaurer la coexistence entre les citoyens.
La présidente a simultanément annoncé la fermeture du centre de détention Hélicoïde, que l’opposition et les défenseurs des droits humains accusent de torture. Le site sera transformé en centre social, sportif, culturel et commercial pour les familles policières et les communautés environnantes. Cette décision revêt une importance symbolique majeure.
Rodriguez a également promis une grande consultation nationale pour reformer le système judiciaire. Les organisations non gouvernementales et l’opposition dénoncent depuis longtemps la corruption et l’allégeance du système actuel au pouvoir. Les ministres clés, incluant le ministre de la défense et le procureur général, ont assisté à cette annonce officielle.
Malgré ces promesses, les libérations de prisonniers politiques progressent lentement. Le gouvernement affirme que plus de 800 prisonniers ont été libérés, mais l’organisation Foro Penal recense seulement 383 libérations depuis décembre. Au moins 711 prisonniers politiques restent emprisonnés selon cette source. Des familles attendent quotidiennement devant les prisons en espérant des nouvelles.
Betsy Orellana, 63 ans, exprime l’émotion de nombreuses familles. Son fils, arrêté lors de l’opération Gedeon en 2020, reste emprisonné. Elle décrit l’amnistie comme une immense joie après six mois sans nouvelles. Ces libérations représentent l’espoir de réunification familiale pour des milliers de Vénézuéliens.
Le président de Foro Penal soulève une préoccupation cruciale : les amnisties ne doivent pas servir de couverture à l’impunité. Il insiste sur le fait que les crimes contre l’humanité et les graves violations des droits humains ne peuvent être inclus dans une amnistie véritable. Une vraie réconciliation exige honnêteté et transparence.
L’opposition vénézuélienne interprète ces mesures différemment. Le prix Nobel de la paix Maria Corina Machado estime que ces gestes résultent de la pression américaine, non d’une volonté gouvernementale. Elle affirme que la fin de la répression signifie la fin de la tyrannie. Les députés d’opposition, dont les frères restent détenus, envisagent ce processus comme le début d’une transition vers la liberté et la démocratie.
Les relations entre Washington et Caracas marquent un tournant significatif. L’arrivée samedi de Laura Dogu, nouvelle cheffe de mission diplomatique américaine, symbolise ce rapprochement. Sa nomination le 22 janvier comme plus haute autorité diplomatique après un ambassadeur intervient après des relations rompues depuis 2019, confirmant l’importance de ces négociations actuelles.



