
Moins de quatre semaines après l’arrestation du président Nicolás Maduro par les forces militaires américaines, Delcy Rodriguez, dirigeante provisoire du Venezuela, a présenté devant la Cour suprême de justice un programme de transformation judiciaire. Elle annonce une amnistie générale couvrant toute la période de 1999 à aujourd’hui, le démantèlement de la prison de l’Hélicoïde et une refonte complète du système judiciaire du pays.
Le gouvernement provisoire justifie ces mesures par la nécessité de cicatriser les blessures causées par la violence politique. Selon Rodriguez, l’amnistie permettra de restaurer la justice dans le pays et de rétablir la coexistence pacifique entre les citoyens vénézuéliens. Cette proposition législative sera soumise à l’Assemblée nationale pour approbation et mise en œuvre.
L’établissement pénitentiaire de l’Hélicoïde représente un symbole majeur de la répression politique. Accusé d’être un centre de torture par les défenseurs des droits humains, ce site sera transformé en complexe social, culturel et sportif destiné aux forces de police et aux communautés environnantes selon les annonces du gouvernement.
Cependant, les promesses de libération suscitent des débats importants. Le gouvernement affirme que plus de 800 prisonniers ont été libérés depuis janvier, mais l’organisation Foro Penal conteste ces chiffres et estime qu’au moins 711 prisonniers politiques demeurent emprisonnés. Le président de Foro Penal exige que l’amnistie exclue les crimes graves contre l’humanité.
Les réactions politiques divergent sur l’origine et la portée de ces mesures. Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix et figure de l’opposition, affirme que ces annonces résultent directement de la pression exercée par Donald Trump et l’administration américaine sur le gouvernement vénézuélien.



