
Un quatrième suspect a été identifié dans l’enquête portant sur l’incendie du bar Le Constellation survenu à Crans-Montana le jour de l’an. L’actuel responsable de la sécurité municipale sera auditionné au début du mois de février pour son rôle présumé dans ce drame.
Avant cette nouvelle mise en cause, trois autres personnes figuraient déjà au cœur de l’investigation. Jacques et Jessica Moretti, propriétaires de l’établissement, ainsi qu’un ancien chargé de sécurité de la commune avaient déjà été impliqués. Les investigations se complexifient progressivement autour des responsabilités collectives dans cette affaire.
En tant que chargé de sécurité, ce fonctionnaire avait pour mission de vérifier annuellement le respect des normes de prévention incendie dans tous les lieux publics de la commune. Sur dix années, seuls trois contrôles ont été effectués au bar Le Constellation, le dernier remontant à 2020. Cette fréquence insuffisante soulève de nombreuses questions sur la surveillance exercée.
Les rapports d’inspection consultés révèlent une accumulation de défaillances jamais corrigées. Des escaliers de secours en bois, du personnel insuffisamment formé, des extincteurs mal signalés persistaient depuis 2015. Malgré ces manquements graves, la mairie délivrait systématiquement ses autorisations d’exploitation sans interrompre l’activité.
L’avocat des victimes grièvement blessées interroge directement : « Qui a délibérément fermé les yeux? » Il qualifie les développements judiciaires récents de simples théâtralité. Les autorités municipales avaient reconnu dès le lendemain du sinistre l’insuffisance des inspections et promis d’assumer leurs responsabilités respectives.
Les gérants font face à des poursuites pour homicide involontaire, blessures par négligence et incendie criminel. Jacques Moretti a passé deux semaines en détention avant sa libération contre caution le 23 janvier. Sa conjointe reste également soumise à des restrictions.
Lors de leurs premiers interrogatoires en mi-janvier, le couple a fourni des explications concernant la mousse phonique au plafond enflammée par des feux de bengale posés sur des champagnes. Ils ont également évoqué une porte de service restée verrouillée durant la panique d’évacuation des clients fuyant les flammes.
L’ancien agent municipal chargé du contrôle en 2018 et 2019 comparaîtra le 9 février pour clarifier sa responsabilité dans les lacunes de sécurité constatées.



