
Laure Lavalette, députée du Rassemblement national dans le Var, mène une campagne pour la mairie de Toulon avec une stratégie de communication agressive et personnalisée. Lors d’un meeting le 14 janvier, elle établit un contact direct avec chaque spectateur, embrassades et gestes affectueux à la clé. Son approche ressemble davantage à une candidature présidentielle qu’à une simple course municipale.
Le RN courtise discrètement la douzième ville de France, trente ans après y avoir conquis le pouvoir en promettant la préférence nationale. Lavalette efface intentionnellement les références au parti de ses supports de campagne et cache ses idéologies. Elle affirme incarner une étiquette personnelle indépendante, loin de l’image partisane traditionnelle que véhicule le mouvement politique.
Cette stratégie cache une volonté de ne pas raviver les souvenirs négatifs associés au passage précédent du Front national à la mairie entre 1995 et 2001. Frank Giletti, autre député RN du Var et proche de Lavalette, insiste sur le fait que Toulon ne doit pas devenir un laboratoire politique expérimental. Il redoute que le fiasco passé ne ressurgisse dans les esprits des électeurs.
Giletti lui-même avait participé à ce premier gouvernement municipal du parti d’extrême droite aux côtés de Jean-Marie Le Chevallier. Les leçons de cette expérience malheureuse pèsent sur la stratégie actuelle. Le parti cherche à se présenter sous un nouveau jour, en misant sur des figures individuelles plutôt que sur une idéologie collective affichée.
La candidature de Lavalette représente donc une tentative de réhabilitation de l’image du RN dans une grande ville française. En occultant les références partisanes et en personnalisant sa campagne, elle espère convaincre les électeurs que seule sa stature personnelle compte, non le poids du passé politique du mouvement qu’elle représente.



