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La maladie d’Alzheimer fait l’objet de multiples stratégies thérapeutiques menées simultanément par la communauté scientifique internationale

Romain Mazzotti

La maladie d’Alzheimer représente un défi thérapeutique majeur face auquel la recherche a longtemps échoué. Pendant des décennies, scientifiques et industries pharmaceutiques ont tenté sans succès de freiner la dégénérescence cognitive. Un tournant décisif s’est opéré récemment avec l’approbation aux États-Unis de premiers traitements ciblant les plaques amyloïdes, marquant un changement stratégique fondamental vers les causes plutôt que les symptômes.

Cette nouvelle approche impose d’identifier les altérations initiales invisibles déclenchant des cascades pathologiques. Deux protagonistes principaux ont retenu l’attention: les plaques bêta-amyloïdes et les enchevêtrements tau, accumulés bien avant les manifestations cliniques. Les traitements récents comme le lécanuémab et le donanemab se lient aux protéines bêta-amyloïdes, réduisant leur accumulation avec un effet modéré sur le déclin cognitif observable.

Cependant, le mécanisme reliant les premiers dysfonctionnements à la démence reste largement obscur. Entre détection initiale des plaques amyloïdes et déclin cognitif manifeste s’écoulent vingt à trente ans. Une recherche révélatrice a montré que moins d’un quart des femmes septuagénaires sans trouble cognitif mais présentant des plaques détectables développeront effectivement la maladie, suggérant que l’accumulation seule de plaques ne suffit pas à déclencher la progression.

Les chercheurs analysant les séquences génétiques ont identifié des variantes géniques impliquant l’immunité et l’inflammation. Un rapport 2024 estime que près de moitié des cas de démence mondiale seraient évitables en contrôlant quatorze facteurs modulables: perte auditive, sédentarité, diabète, tabagisme et risques vasculaires, tous influençant l’immunité et l’inflammation cérébrale.

Plus de cent essais cliniques explorent actuellement cent trente-huit molécules différentes, ciblant divers mécanismes: récepteurs neurotransmetteurs, inflammation neuronale, protéine tau pathologique, métabolisme glucidique, système vasculaire et facteurs génétiques comme la variante APOE4, multipliant le risque par quatre à vingt-cinq fois. Cette multiplication des stratégies parallèles structure l’arsenal thérapeutique contemporain contre cette maladie multifactorielle.

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