ÉconomieFrance

Les enseignes françaises Leclerc, Carrefour et Intermarché affichent un retard notable en matière d’alimentation durable comparé à leurs homologues européens

Aliou Sembène

Un classement européen publié récemment par le centre de réflexion Questionmark révèle que les trois principaux distributeurs français accusent un retard significatif en matière de durabilité alimentaire et de lutte contre le changement climatique. Carrefour occupe la 12e position, Intermarché la 20e, tandis que E.Leclerc, leader français du secteur, ferme le classement à la 27e place parmi les 27 enseignes évaluées.

L’étude s’appuie sur deux critères majeurs pour mesurer l’engagement des distributeurs. D’une part, les actions concrètes de réduction des émissions de CO2 selon les engagements de l’Accord de Paris de 2015. D’autre part, les initiatives visant à rééquilibrer l’offre alimentaire vers les protéines végétales au détriment des produits d’origine animale.

Parmi les trois chaînes françaises, seul Carrefour dispose d’une véritable feuille de route avec des objectifs à court terme clairement définis. En revanche, E.Leclerc et Intermarché manquent encore de plans climat concrets et mesurables. Les données publiées montrent même que les émissions de gaz à effet de serre de Carrefour France et d’Intermarché ont augmenté depuis leur début de publication.

Concernant la transition protéinique, Carrefour intensifie ses efforts pour promouvoir légumineuses et produits céréaliers complets. Cependant, le groupe continue à encourager la consommation excessive de viande par le biais de promotions agressives et de campagnes publicitaires ciblées, limitant ainsi son impact réel sur les comportements alimentaires.

Les distributeurs néerlandais et allemands dominent le classement avec Lidl Pays-Bas en première position, suivie de Lidl Pologne et Lidl Allemagne. Plusieurs chaînes européennes démontrent qu’une transition alimentaire durable est possible : Albert Heijn, Jumbo, Rewe et Aldi Süd figurent parmi les meilleurs élèves, tandis que les chaînes suisses et suédoises complètent le haut du tableau.

Face à ce constat, le Réseau action climat presse le gouvernement français d’intervenir davantage pour encadrer la grande distribution. L’organisation demande également la publication enfin attendue de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, dont l’adoption traîne depuis plus de deux années.

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